L’endroit où il faut être

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C’est parfois difficile de ne pas succomber à l’anglicisation galopante de nos manières de parler, voire de penser.

Ainsi, j’ai bien conscience en écrivant le titre du billet du jour, qu’il claque moins que son équivalent anglais : “The place to be.” Mais c’est la formulation qu’a employé mon Premier ministre, Manuel Valls, dans l’interview qu’il a accordée à la chaîne suisse RTS, à la veille du Forum économique mondial de Davos où il se rendra aujourd’hui et jeudi… devenant ainsi le premier chef de gouvernement socialiste français en exercice à participer à cette sauterie d’ultra riches réfléchissant à l’avenir bien ordonné de la planète.

“Il n’y a pas de problème entre la gauche, l’économie et l’entreprise, et Davos. Ce sont des débats anciens, dépassés…” a précisé l’inlassable militant de la disparition du mot socialisme. Voire du socialisme tout court ?

Et c’est sans doute moins problématique d’aller causer avec les ultra riches qu’avec les ultra pauvres. D’abord parce qu’ils sont mieux élevés, qu’on mange beaucoup mieux à leur table, qu’ils ne votent pas FN… et qu’ils sont nettement moins nombreux. Au dernier recensement d’Oxfam, ils sont 62 cette année (contre 80 l’an passé et 85 en 2014) à posséder autant de “richesses” que de la moitié des habitants de la planète.

Un chiffre à prendre avec précaution, nous expliquent certains de mes confrères. Et ils ont raison. Je n’arrive pas à comprendre comment 3,5 milliards de personnes qui ne possèdent rien pourraient cumuler une fortune de 1 760 milliards de dollars !

Et à propos de précautions, Manuel Valls et ses camarades devraient faire un peu gaffe : à force de témoigner de leur penchants très droitiers, ils vont achever de dégoûter les électeurs … de gauche. Même si c’est une pensée ancienne, dépassée.

(photo : Jean-Christophe Bott)

En cherchant un peu de musique helvète, je suis tombé sur Mama Rosin, “le meilleur groupe suisse du monde” selon mes confrères des Inrocks

Je ne suis pas sûr que je reprendrais le compliment à mon compte, mais le titre de leur chanson, I don’t feel at home, m’a paru de circonstance pour un Premier ministre socialiste allant s’encanailler chez les ultra riches…