Sans rancune ?

Slide 1
Slide 2
Slide 3
Slide 4
Slide 5
Slide 6

Je n’ai pas de passion particulière pour le didgeridoo, mais je n’irais pas jusqu’à massacrer ceux qui en jouent.

Ce qui me différencie (entre tant d’autres choses) des Australiens, qui ont colonisé leur terre au détriment de ceux qui l’habitaient avant leur arrivée…

C’est pourquoi j’ai été quelque peu surpris de trouver les images du jour, illustrant les célébrations du National Day australien, jour national qui commémore (je le rappelle pour les lecteurs aussi peu cultivés que moi en ce domaine antipodique…) l’arrivée de la première flotte britannique à Sydney Cove le 26 janvier 1788. Et le début d’un lent processus de colonisation comme nos “civilisations” savent en mener. Au détriment d’autres civilisation tellement moins civilisées…

Il semble juste que ce soit un détournement opéré par le photographe, laissant croire que les aborigènes dansent pour s’associer aux festivités de cette journée, qu’ils désignent pour leur part comme “jour de l’invasion”, “jour de la survie” ou “jour de deuil”. Une journée qui marque le début “du massacre de notre peuple, de la perte de notre langue, de la dévastation, de la maladie”, comme le rappelait hier un des représentants des communautés indigènes.

Des populations qui n’existent toujours officiellement pas dans la constitution australienne. “Silence assourdissant” qui pourrait prendre fin avec le référendum envisagé l’an prochain, dont on espère qu’il pourra ouvrir la voie à la réconciliation espéré par les Australiens les plus optimistes et les plus ouverts.

Comme la  jeune collégienne de 16 ans, Ineka Voigt, gagnante du concours “Doodle 4 Google” organisé cette année pour ce National Day, qui espère que son dessin soit perçu comme “un symbole de réconciliation”.

J’ai envie de croire avec elle qu’il est possible, malgré un passé douloureux ou violent, d’imaginer un avenir commun et apaisé.

Et, en pensant à notre société aux antipodes de l’Australie, tellement douloureuse de communautés aux passés entrecroisés, j’ai espéré en un tel avenir où il serait réellement possible de vivre ensemble.

Vous pouvez me traiter de rêveur. Je suis tout de même assez lucide pour savoir que la “réconciliation”, avec notre passé et entre anciens colonisateurs et anciens colonisés, ne pourra se faire qu’en pleine conscience des rôles de chacun.

Et quand j’entends encore parler du “refus de la repentance”, je me dis qu’on n’est pas loin du refus de la reconnaissance. Et que nous sommes encore loin de l’avenir radieux.

Tellement possible et tellement désirable.

(Photos : Rob Griffith)

Un peu de rock aborigène pour changer du didgeridoo ?

abcdetc est fier de vous présenter Fitzroy Express, l’un des groupes phares de la scène “locale”.