L’algorithme et le coin de la rue

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Hier midi, pendant que je mangeais ma tranche de rôti de porc accompagnée de purée maison dans le restaurant du coin de la rue à côté de mon travail (celui qui me paye), la télévision du coin du bar diffusait un reportage sur les ventes en ligne qui augmentent d’année en année : +14,3% en 2015, après une hausse de 11% en 2014. Pour représenter un total d’achats qui frôle les 65 milliards d’euros… Chaque Français ayant dépensé en ligne 1.780€ avec une moyenne de 23 transactions. Ce qui fait un “panier moyen” à 78 euros. En baisse de 4,5% ! Tout ne peut pas augmenter indéfiniment, même dans l’économie numérique… où 200.000 sites (+25000 en 2015) se disputent le marché, dont 1% (que je ne nommerai pas) accaparent 60 % des ventes.

Un peu soûlé de tous ces chiffres, j’ai repensé aux photographies de Vladimir Antaki que j’avais croisées dans la semaine.

Loin des plate-formes numériques et de l’e-commerce, ce photographe franco-libanais a entrepris de photographier les “petits commerçants” du monde dans leurs boutiques du coin de la rue. Un travail “né de [son] désir de documenter et de rendre hommage à ces gens, ces ‘gardiens des temples urbains’ que nous rencontrons chaque jour sans réellement remarquer. Ils sont les détenteurs d’une tradition, d’un savoir faire, d’un souvenir”.

J’ai arpenté longuement les rues d’Amsterdam, Beyrouth, Berlin, Bordeaux, Fès, Las Vegas, Londres, Los Angeles, Marrakech, Mexico, Miami, Montréal, New-York, Paris ou Vienne, en suivant le regard de Vladimir Antaki sur ces Gardiens et en me demandant comment j’allais choisir celles que je vous montrerai pour vous donner envie d’aller voir les autres.

Je n’ai finalement choisi que celles que Vladimir Antaki a exposé… dans des vitrines de boutiques vides : Baba de Paris, Birdman de New-York, Denis de Montréal, Eef d’Amsterdam et Jainul de New-York.

Ce travail de sauvegarde d’une mémoire du commerce du coin de la rue m’a fait penser à la démarche de Frédéric Delangle, dont je vous avais présenté les microshops indiennes il y a bientôt 3 ans.

Une même volonté de conserver une mémoire menacée de disparition par la “révolution numérique”. A laquelle je participe à mon échelle. Alors, même si je n’ai pas que de bons souvenirs des petits commerçants (comme l’épicière, Mme Chérot (sic) qui terrorisait l’enfant que j’étais alors, avant même l’apparition des grandes surfaces…) je me suis promis de leur réserver une part de mon pouvoir d’achat.

Pour garder vivante, pas seulement la mémoire, mais aussi la ville.

(Photos : Vladimir Antaki)

À propos de mémoire qui fout le camp, Colin Vearncombe est mort cette semaine à 53 ans.

Et franchement, s’il n’était pas mort cette semaine, qui se serait souvenu de l’existence du chanteur de Wonderful Life, succès planétaire de 1987, que je vous propose aujourd’hui de redécouvrir, accompagné de quelques reprises…

Par :

  1. Colin Vearncombe, sous son nom de scène de Black
  2. Mathilde Santing, que j’avais aussi un peu oubliée et dont j’ai revendu ou perdu le 33 tours… Mais qui aux dernières nouvelles est toujours vivante.
  3. Katie Melua
  4. Seeed
  5. Giuliano Palma and the Bluebeaters
  6. Et Kate Ryan

Et finalement je vous épargne Kim Wilde (et elle aussi par la même occasion), Zucchero, Lara Fabian et le blanc de poulet ! On ne va quand même pas se gâcher une vie aussi merveilleuse, non ?