Un instant suspendu

Slide 1

La Syrie connaît depuis samedi soir un cessez-le-feu, tellement fragile qu’il aurait déjà été violé plus d’une quinzaine de fois en 24 heures.

Et même si… Même si la paix s’installait enfin, il faudrait tellement de temps, de courage, d’énergie, de bonne volonté, de sincérité, d’humanité, pour reconstruire un pays dévasté, donner envie aux millions d’habitants qui l’ont fui de revenir y vivre, éradiquer à la fois la dictature et tous ceux qui rêvent encore de tyrannie, empêcher le remplacement d’un pouvoir d’une doctrine religieuse par une autre, éliminer tellement d’extrêmes, ouvrir le dialogue entre tellement de groupes d’opposition, calmer les intérêts occidentaux ou russes, iraniens ou saoudiens, comprendre et réparer.

Comprendre.

Hier soir en essayant de lire pour comprendre quelque chose, certains m’annonçaient même que cette trêve en trompe-l’œil n’était que le prélude à une “guerre totale”. Parce que jusqu’ici, cette guerre qui dure depuis 5 ans, causant la mort de centaines de milliers de personnes et le déplacement et l’exil de millions d’autres, n’aurait été que … “partielle” ?

Alors sans vraiment toujours comprendre pourquoi les guerres et la soif de sang des hommes, je me suis contenté de regarder l’image des enfant sur la balançoire dans la région de Damas.

Sans parvenir totalement à oublier cet autre enfant, tué quelques heures avant le cessez-le-feu.

La différence – infime ou infâme – entre deux instants.

(Photos : Sameer al-Doumy, DR)

Un instant musical sans images vidéo, mais juste les sonorités de l’oud de Dhafer Youssef accompagné de quelques notes de trompette, quelque part…

Un instant suspendu. Postludium