Jouons pas au con !

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Pauvre Lee Sedol.

À la veille de son match contre Alphago, il était confiant et même un peu fanfaron : “Vu son niveau […], je pense que je peux remporter une écrasante victoire, cette fois-ci du moins.” Et il pronostiquait – pour cette fois-ci – un score de 5-0 ou de 4-1 en sa faveur.

Le meilleur joueur mondial de go n’a pas encore perdu son pari (ni le million de dollars mis en jeu) mais hier il a perdu la première manche contre l’ordinateur de Google. S’attirant ainsi quelques commentaires parfois condescendants.

Pourtant je suis sûr qu’à celui qui pisse le plus loin, Lee Sedol battrait facilement Alphago…

Entre autres exemples.

Parce que, si j’ai bien compris, à part jouer au go, qu’est ce que sait faire la machine ? Rien… Et sans vouloir minimiser les mérites d’Alphago et de ses créateurs, ça ne suffit pas pour se proclamer intelligent. Moi par exemple, qui ne sait pas jouer au go, je suis loin d’être con. Et je sais faire tout un tas de choses qu’il serait trop long d’énumérer ici. J’arrive même à en faire plusieurs à la fois, comme la plupart d’entre vous et de nos semblables.

(Une pensée au passage pour feu Gérald Ford, président étasunien du 9 août 1974 au 20 janvier 1977, qui ne parvenait pas à marcher en mâchant du chewing-gum. Entre autres. Et dont j’ignore s’il savait jouer au go.)

Bref.

Contrairement à certains internautes, journalistes ou technophiles enragés qui pronostiquaient hier la fin de l’humanité, je reste confiant dans cette humanité. Qui ne le mérite pas toujours, mais je ne vais pas ouvrir une nouvelle parenthèse.

Dans l’état actuel des recherches à plusieurs millions de dollars, l’intelligence artificielle est à l’intelligence ce que la réalité virtuelle est à la réalité. Surestimée… (C’est ainsi que 1,235 millions de signataires d’une pétition en ligne se sont transformés hier en 500000 vrais manifestants). Et pour devenir véritablement intelligent, il manque toujours à l’ordinateur (outre pas mal de neurones et de synapses) la sensibilité, l’émotion, l’imprévisible, le sale caractère, l’humour ou la mauvaise foi. Entre autres.

Et au bout du compte, si vous aimez vraiment jouer avec votre angoisse du dépassement, je vous rappelle qu’Alphago, comme tous ses collègues, a un grand point faible : il est électro-dépendant. Débranchez le et il jouera tout de suite beaucoup moins bien.

Et même si je ne suis pas un farouche partisan du nucléaire, je doute fort que les ordinateurs sachent un jour extraire eux même l’uranium qui alimente la centrale dont ils dépendent.

Vous avez compris la photo du jour maintenant ?

(Photo : Pierre Verdy)

Je sais que les petits courts métrages du dimanche vous manquent parfois. Alors même pour un jeudi…

L’intelligence ce n’est pas si simple que ça. Qu’on en ait trop ou qu’on en ait pas assez, on se retrouve un peu désemparé dans un monde tellement normé. Avec sa petite casserole à traîner.

Merci à la lectrice qui m’a conseillé d’aller découvrir ce court métrage d’Éric Montchaud, adapté du livre d’Isabelle Carrier, La Petite casserole d’Anatole.


Et puisqu’en cherchant la vidéo, je suis d’abord tombé sur cette adaptation du livre par un certain Pils MC (de Bergerac?) je vous la propose aussi.