On n’est pas sérieux
quand on a 17 ans

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Ça y est : j’ai passé les 7 ans de blougui !

J’ai parfois l’impression de parler dans le désert et de ne pas trop bien savoir parfois pourquoi je passe encore une heure (voire plus) par jour à regarder le monde et à le commenter.

Ou celle de radoter, comme lorsque j’évoque mon “vrai” travail, celui qui me paye (et aussi les frais d’abcdetc) et auquel je vais en traînant de plus en plus les pieds. Ce qui au moins justifie que j’y aille pour payer de nouvelles chaussures.

Bref.

Un dimanche soir comme en enfance, avec la pas envie de retourner à l’école le lendemain et même pas eu de western en noir et blanc à la télévision pour oublier un peu… Et les images du monde qui défilent sur l’écran et ne m’inspirent guère de commentaire.

Et puis, une photo dans les images de la semaine écoulée chez Reuters. Lumineuse et magnifique, pleine d’une lumière qui tombe de partout et lui donne un air quasi-religieux, à cause peut être quand même de l’influence dominicale.

Et la légende qui l’accompagne, où j’apprends que Sabri Attalah, le jeune potier de 17 ans, a du quitter l’école pour aider sa famille à vivre en gagnant 25 shekels (moins de 6€) par jour.

Un parmi les milliers de mineurs forcés de travailler à Gaza ou autres territoires occupés. Près de 10000 selon les statistiques officielles. Au moins le double, selon d’autres estimations. Des petits boulots mal payés dans un “pays” où le taux de chômage dépasserait les 40%.

J’ai retrouvé l’article (et les photos) qui évoque ces jeunes travailleurs de Gaza qui ont arrêté d’étudier pour aider leurs familles à survivre : Sabri Attalah, Mohammad al-Asi (16 ans), qui répare les filets de pêche, Mohamoud Yazji (16 ans) et Mohammad Dader qui travaillent comme mécaniciens auto, Mahand Salama (13 ans) qui promène des enfants plus jeunes dans sa voiture miniature, Abed al-Kareem Yassin (16 ans) qui travaille sur les chantiers, Haitham Khzaiq (16 ans) qui porte ses pommes d’amour sur la tête, Mohammad al-Bana (10 ans) qui propose ses bouquets de menthe sur le marché, Ahmed Baker (16 ans) qui sert ses boissons chaudes dans sa charrette installée sur le port ou Mahmoud al-Sindawi (15 ans) qui vend ses ballons, de baudruche ou de foot, sur le front de mer…

Et le seul article en français reprenant les infos (mais pas les photos) de Reuters était dans un journal … israélien. Sans commentaire.

L’article ne reprenait pas non plus les propos de Naeem al-Ghalban, de l’ONG néerlandaise El-Wedad Society for Community Rehabilitation qui  a réussi à ramener 50 de ces enfants travailleurs sur les bancs de l’école : “Nous essayons de convaincre les familles que l’éducation de leurs enfants est un meilleur investissement que les quelques shekels qu’ils peuvent gagner chaque jour…”

Cinquante enfants en trois ans. C’est dérisoire et c’est beaucoup.

Alors, même sans western, j’ai espéré que Sabri Attalah puisse un jour réaliser son rêve de devenir designer. Et que tous les enfants de toutes les guerres et de toutes les crises aient le droit à leur enfance et à inventer leur avenir.

Et je me suis (encore) demandé ce que je pourrais bien faire de cet espoir naïf qui reste le mien.

(photos : Mohammed Salem)

Même si les camarades de travail de Sabri Attalah n’ont pas 17 ans comme lui, j’ai pensé à Rimbaud en les voyant. Et à Léo Ferré qui le chantait si bien… Mais comme c’était lundi et pas samedi, jour de souvenirs-souvenirs, j’ai voulu trouver autre chose.

Seulement, quand tu commences avec Ferré, ça met la barre bien haut. Et j’ai sans doute trop décroché de l’actualité musicale francophone pour identifier un digne successeur au chanteur poète. Je connais des lectrices d’abcdetc qui auraient pu pallier mes lacunes, mais je n’allais quand même pas les déranger un dimanche soir pour une bagatelle.

Bref.

En lisant que Renaud envisageait de voter … François Fillon l’an prochain, je me suis dit que c’était décidément pas lui l’idiot qui pourrait remplacer l’anarchiste et qu’avec le temps on devenait bien bête et con, comme aurait aussi chanté Brel…

Alors quoi ?

Alors, plutôt que de conseiller au bon contribuable centriste de s’appeler désormais Citroën (comme certain a osé le faire), j’ai déniché… Clio, une toute jeune artiste qui vient de sortir son premier album. Et qui en plus est originaire de Besançon.

Bon d’accord, la chanson ne donne pas plus que ça l’envie de retourner au travail… Mais propose quand même des pistes de réflexion sur ce que je ferai – ou pas – quand je serai grand !