Fuite de Papers

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Après une fine analyse des 12 documents trouvés au terme de longues recherches sur Internet, l’équipe d’abcdetc n’est pas en mesure d’affirmer qu’il n’y a aucune Pampers® sur les fesses des bébés panaméens.

Trêve de plaisanterie, hier matin, après m’être un peu mieux réveillé pour écouter les informations, j’ai été abassourdi, comme tout le monde, par le sandale des Panama Papers, qui risque de faire passer l’antique Scandale de Panama pour un petit racket de cours de récréation.

Quelques milliers d’évadés fiscaux courent donc en totale liberté dans le monde, nous ont donc appris les journalistes d’investigation de 109 médias internationaux après avoir épluché pendant plusieurs mois 11,5 millions de documents communiqués par un lanceur d’alerte.

Puis finalement au fil de la journée, des “révélations” distillées parle consortium et des commentaires abondamment débités par les médias pour combler les trous, je me suis dit qu’on ne nous apprenait que ce que l’on soupçonnait – ou dénonçait – déjà, à savoir que l’évasion fiscale se porte d’autant mieux qu’il ya plus de riches sur notre planète et que plus on possède moins on est enclin à partager, selon le vieil adage que m’a légué l’un de mes premiers employeurs qui me payait alors : “l’argent, plus on en a, plus on en manque”.

À propos de manque, on pourrait classer l’argent parmi les substances addictives, ce qui permettrait peut être d’accélérer les enquêtes sur les différents fraudeurs ou évadés qui privent l’ensemble de leurs concitoyens du monde des ressources des impôts qu’ils ne payent pas, tout en pourfendant volontiers l’excès de dépenses publiques. Les saisies de drogue dans le monde ne représentent qu’une fraction du trafic (de 10% pour le cannabis à 42% pour la cocaïne selon mes sources…) Je n’ai pas trouvé le montant de la fraude réalisée grâce aux bons soins de la société panaméenne, Moosaack Fonseca, (pas encore) révélé par mes confrères du consortium de l’investigation. Mais les cela ne représente sûrement pas 42% ni même 10% de la fraude fiscale, que certains estiment jusqu’à … 25000 milliards d’euros. Il manque, dans le coup de filet du jour, quelques gros consommateurs étasuniens notamment

Bref.

Pour en finir avec la métaphore stupéfiante, rappelons que ce ne sont pas les services de l’administration mais les journalistes qui ont mis au jour cette arnaque. De son côté dans sa lutte contre délinquants de l’impôt, l’État français n’a réussi à découvrir que 12 milliards d’euros l’an passé. C’est bien peu !

Les informations révélées par le Panama Papersdonneront lieu à des enquêtes des services fiscaux et à des procédures judiciaires”, a promis notre Président. Là aussi c’est peu. Quitte à faire dans l’effet d’annonce, François Hollande aurait pu annoncer des mesures sévères à l’encontre de tous ceux qui refusent de payer leurs contribution à la bonne marche de la société dont ils profitent pourtant des bienfaits  : éducation, santé, transports, infrastructures… Tout en obligeant les pauvres (cons) à payer pour eux, à coup de plan de rigueur. Ou de pactes de responsabilité.

La déchéance de nationalité pour les fraudeurs, ça aurait de la gueule.

(photos : Eric Lafforgue, Jarek Wilkiewicz, Luis E. Henao, Connie Coleman, Sune Wendelboe, Ashley Davis, DR)

PS : Ce matin, mardi, en entendant le directeur du Monde invité de France-Culture parler d’information sous embargo à propos de certaines révélations à venir, je me dis que les grands médias sont eux aussi de sacrés dealers bien adaptés à l’économie de marché qui savent distiller l’info et titiller le manque. 

Puisque j’étais au Panama, j’ai tenté de jeter une oreille sur la scène musicale locale, via le site Panama Rock… où j’ai failli perdre ladite oreille à force de groupes métal tous plus assourdissants les uns que les autres.

Puis j’ai fini par dénicher le doux Aniel Mejia chantant El Amor Más Bonito. Apaisant.