Changer la mer

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“La plus jolie fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a…”

C’est ce que je disais encore hier matin à ma boulangère qui n’avait pas de baguette à mon goût. Comme quoi, si – comme beaucoup – je n’apprécie pas toujours qu’on me contredise, je reconnais quelques contradictions en employant moi aussi des phrases toutes faites issues de la “sagesse” populaire.

Bref.

Le pape François n’est la plus belle fille du monde, mais il a donné ce qu’il a. En allant à la rencontre des réfugiés sur l’île de Lesbos, samedi dernier, il a apporté sa foi et son sourire. Et il les a partagés.

Si je ne partage pas vraiment sa foi, son sourire dans ce contexte “à pleurer” m’a réchauffé le cœur, comme il semble avoir réconforté – un peu – ceux avec qui il l’a partagé.

Après une prière devant la mer où il a jeté quelques fleurs en souvenir de tous ceux qui s’y sont noyés, le pape est rentré au Vatican, accompagné de 3 familles syriennes.

Un geste symbolique. Une goutte d’eau. Mais “C’est une goutte dans la mer, mais après cette goutte, la mer ne sera plus la même” a espéré le pape, citant mère Teresa, qui n’était pas non plus la plus jolie fille du monde, mais qui a beaucoup donné.

Ne sachant trop comment conclure, entre mère Teresa et ma boulangère, je vous laisse avec les mots prononcés par François en bord de mer. Une prière que je partage, même si je ne partage pas toute sa foi en ce Dieu miséricordieux.

“Dieu miséricordieux, nous te prions pour tous les hommes, pour toutes les femmes et pour tous les enfants, qui sont morts après avoir quitté leur pays à la recherche d’une vie meilleure.

Bien que beaucoup de leurs tombes ne portent aucun nom, chacun d’eux est connu, aimé et chéri de toi.

Puissions-nous ne jamais les oublier, mais honorer leur sacrifice plus par les actes que par les paroles.

Nous te confions tous ceux qui ont fait ce voyage, affrontant la peur, l’incertitude et l’humiliation, en vue de parvenir à un endroit de sécurité et d’espérance.

Tout comme tu n’as jamais abandonné ton Fils lorsqu’il a été conduit à un endroit sûr par Marie et par Joseph, de même à présent sois proche de tes fils et de tes filles que voici, à travers notre tendresse et notre protection.

En prenant soin d’eux, puissions-nous travailler pour un monde où personne n’est contraint à abandonner sa maison et où chacun peut vivre dans la liberté, la dignité et la paix.

Dieu miséricordieux et Père de tous, réveille-nous du sommeil de l’indifférence, ouvre nos yeux à leur souffrance, et libère-nous de l’insensibilité générée par le confort mondain et l’égocentrisme.

Aide-nous, en tant que nations, communautés et individus, à voir que ceux qui viennent dans nos contrées sont nos frères et sœurs.

Puissions-nous partager avec eux les bénédictions que nous avons reçues de tes mains, et reconnaître qu’ensemble, comme une famille humaine unique, nous sommes tous des migrants, en chemin dans l’espérance vers toi, notre vraie maison, où toute larme sera essuyée, où nous serons tous en paix et en sécurité dans tes bras.”

(photos : Andrea Bonetti/Bureau du Premier ministre de Grèce, Osservatore Romano, Filippo Monteforte, Petros Giannakouris)


Après toutes les images papales qui peuplaient hier les galeries de mes confrères, il y avait un autre François.

“François Hollande, en visite à Beyrouth, a promis samedi une aide de 100 millions d’euros au Liban qui accueille plus d’un million de réfugiés syriens ainsi qu’une assistance militaire immédiate à son armée.”

100€ par réfugié… François Hollande et la France qu’il dirige sont loin d’être les plus jolies filles du monde.

(photo : Hussein Malla)

Il est des musiques qui ne vous lâchent pas et qui peuvent accompagner tant de moments de vie…

Celle composée par Niaz Diasamidze pour le film de Zaza Urushadze, Mandarines (მანდარინები en géorgien, Mandariinid en estonien), est de celles-ci.

Je vous laisse donc avec l’image fixe de Lembit Ulfsak alias Ivo, pour méditer quelques minutes. Ou prier comme il vous plaira…