En attendant la Libération

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Ce pourrait être une bonne nouvelle. Une semaine après la “journée des prisonniers” et après 75 jours de détention, la jeune Dima Al-Wawi a été libérée dimanche dernier et a pu retrouver sa famille à Halhul, à proximité d’Hébron. Elle avait été arrêtée début février à proximité d’une colonie israélienne, en possession d’un couteau. Ce qui équivaut en Palestine occupée à un projet d’assassinat.

C’est d’ailleurs parce qu’elle a plaidé coupable que Dima Al-Wawi a retrouvée sa liberté et non pas à cause de son âge, 12 ans, largement inférieur à l’âge limite de 14 ans que fixe la loi israélienne pour la détention des mineurs. Mais dans les territoires occupés, c’est la loi militaire qui s’applique. Sans limite…

Si Dima a retrouvé sa maison et ses proches, elle ne semble guère avoir retrouvé le sourire. Elle a beau avoir déclaré aux journalistes qu’elle n’avait pas eu peur, son visage, son regard, son attitude témoignent d’une profonde tristesse. À peine effacée quand elle défile, comme victorieuse, sur fond de drapeau palestinien, accompagné des slogans : “Toute la Palestine est derrière toi.”

Il reste, selon l’association de soutien des prisonniers Addameer, plus de 420 mineurs dans les prisons israéliennes. Autant d’adolescences qui n’auront pas le temps de l’être, d’enfants qui grandiront trop vite et seront plongés dans la même gravité que Dima.

Combien de générations sacrifiées ? Combien d’années encore de colonisation, d’apartheid et d’occupation illégale qui assassinent le “processus de paix” ?

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a annoncé jeudi dernier l’organisation d’une réunion le 30 mai, pour préparer une conférence internationale qui tentera une nouvelle fois de trouver une “solution au conflit”. “Il faut expliquer aux Israéliens que la colonisation est un processus dangereux et qu’elle met leur propre sécurité en péril”, a-t-il osé affirmer. Il reste encore quelques étapes à franchir dans le vocabulaire et la conscience de ce “conflit”.  Le lendemain, une poignée d’intellectuels appuyant cette initiative parlait de “l’occupation israélienne”. C’est plus juste.

Les mots sont importants et en bon germanophone Jean-Marc Ayrault connaît le sens de celui d’occupation…

Bon courage aux bonnes volontés diplomatiques. Et aussi à Dima, à laquelle je souhaite de vraiment retrouver le sourire, comme ses 420 codétenus et tout un peuple, quand ils connaîtront enfin une véritable Libération.

(photos : Majdi Mohammed, Haytham Shtayeh, Keren Manor, Jaafar Ashtiyeh, Abbas Momani)

Anoushka Shankar a dédié Land Of Gold aux migrants, et notamment aux enfants auxquels elle souhaite de trouver un endroit où ils soient en sécurité. C’est ce que je souhaite aussi aux enfants du monde, de Palestine comme d’Israël…