Histoires d’eau

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“Y a-t-il un avenir pour une société qui s’obstine à chier dans l’eau potable ?”

Je ne sais pas trop de qui est la citation que je vous offre en exergue aujourd’hui, mais dans le doute je continue de l’attribuer à mon professeur en web qui l’a placée sous son portrait de skype.

Je me demande souvent s’il me restera (comme à la société à laquelle j’appartiens) assez d’eau potable pour la gaspiller dans mes (nos) toilettes (ou ailleurs) jusqu’à la fin de mes (nos) jours, tellement cette matière primaire (plus que première) semble menacée de disparaître par les diverses pollutions qui la menace : agriculture intensive, industries diverses, CONsommation… ou spéculation.

Comme à Flint (Michigan) où Barack Obama est allé boire un verre d’au mercredi dernier devant des habitants qui espèrent plus qu’un geste symbolique et la promesse de la remise en état de leur réseau d’approvisionnement gorgé de plomb, ce qui prendra plusieurs années et coûtera sans doute plusieurs milliers de dollars. Alors que 100$ par jour auraient suffit à éviter leur empoisonnement.…

Mais aucune promesse n’a été faite aux pays plus durement frappés encore.

Fin avril, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a alerté sur la situation catastrophique de plusieurs pays menacés par le phénomène météorologique El Niño, en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient ou en Amérique centrale. Un coup de chaleur pour plusieurs centaines de millions de nos concitoyens du monde qui ne semble pas vraiment provoquer d’état d’urgence.

À Dubti (région des Afar en Éthiopie) ou à Latur (état du Maharashtra en Inde), les enfants n’ont pas fini d’aller chercher l’eau  – même peu potable – de plus en plus loin. En Éthiopie, 10 millions de personnes sont menacées de famine après des récoltes insuffisantes. En Inde, ce seraient plus de 330 millions d’habitants (un quart de la population plus que les 320 millions d’Étasuniens) qui souffriraient de la sécheresse. Et l’on espère juste qu’après deux années déficitaires (-12% en 2014 et -14% en 2015), la prochaine mousson, cet été, sera aussi généreuse que promis.

Je ne sais quel verre d’eau suffirait à apaiser cette soif de justice et de vie.

Je m’obstine pourtant à croire en l’avenir, en chiant, en buvant, en me lavant…

…et en souriant, en regardant les enfants de Jammu (état du Jammu-et-Cachemire) savourer cette ressource vitale et précieuse.

(Photos : Carolyn Kaster, Tanya Bindra, Danish Siddiqui, Channi Anand)

Entre le rock de Detroit (que j’appréciais jadis) et les sirops de Bollywood (que je sais qu’apprécie certaine lectrice fidèle), je me suis arrêté en Éthiopie, pour vous faire découvrir l’éthio-groove de uKanDanz, actuellement en tournée en France avec un détour par abcdetc.