Ubu président !

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C’est une photo qui m’a intrigué la semaine dernière et que j’imaginais partager avec vous samedi dernier.

Et puis, à cause de l’élection de Sadiq Khan à la mairie de Londres, on a parlé d’autre chose.

Et puis j’ai retrouvé l’image.

Une photo prise à Londres également, au bord de la Tamise à marée basse, le 2 mai dernier.

Une photo intrigante, comme je vous le disais, où un homme dessine sur le sable ce qui ressemble fort à une spirale.

Drôle d’idée me suis-je dit à moi-même et vous dis-je de nouveau aujourd’hui. Idée qui a entraîné quelques pensées comme je peux en avoir souvent, surtout ces derniers temps où mes nuits de sommeil ont tendance à commencer à 3 heures du matin. Ce qui fait peu de temps pour rêver, je vous l’accorde. Mais beaucoup pour penser.

Des pensées éparses, en cascade, en étoile, en pagaille, en rafales, dont je vous épargne le détail. Par un sursaut de pudeur et parce qu’aussi je vais faire court pour aller me coucher bientôt.

Des pensées qui me mènent du monde à ma situation personnelle, du global au local comme disent les altermondialistes, des pensées qui tournent un peu toujours autour des mêmes thèmes et parfois en rond. Et quand je me sens encerclé, je n’ai que la ressource d’espérer que l’impression de tourner en rond, de repasser au même endroit, dans des situations connues, de ne pas échapper à la répétition, n’est qu’illusoire. Et que je suis juste sur une spire différente, m’éloignant du centre (ou plutôt des centres) imperceptiblement.

Et que ça va cesser un jour. Car, de toutes façons, contrairement aux spirales véritables et mathématiques, je ne suis pas infini.

Bref.

Il y avait une seconde image pour accompagner la première et aider à la comprendre. Et en la voyant, j’ai vu également que je m’étais égaré inconsidérément dans mes réflexions.

Car l’homme de la Tamise en écrivant dans le sable entendait juste dénoncer la dette qui risque d’étrangler les étudiants de son pays où les droits universitaires ne cessent de grimper. Et qui hypothèquent ainsi leur avenir.

Car non seulement nous laissons aux générations qui nous succèdent un monde en piteux état mais, de plus en plus, ils doivent emprunter pour entrer dans ce mouvement de folie. Une dette qui dépasse aujourd’hui aux États-Unis le montant des subprimes de sinistre mémoire.

Et si un jour nos héritiers cessaient de payer ce que nous aurions dû leur offrir ?

Je crois que ma tête n’a pas fini de tourner.

(photos : Neil Hall)

Une petite flemme à vous collecter les morceaux d’une mosaïque du samedi. Alors j’ai paresseusement cherché une musique en rapport avec le titre du jour que je n’avais pas vraiment expliqué. Et c’est comme ça que j’ai trouvé cette collection de chansons d’un ancien Grand Maître (GMOGG) de l’ordre de la Grande Gidouille, Boris Vian.

À vous d’écouter ce qui vous fera plaisir.