Un naufrage au long cours

, ,

Slide 1
Slide 2
Slide 3
Slide 4
Slide 5
Slide 6
Slide 7
Slide 8

C’est un événement banal, mais c’est la première fois qu’il est ainsi photographié en direct.

Mercredi 25 mai, la Marine militaire italienne a “immortalisé ces moments dramatiques”, comme le dit maladroitement l’un de mes confrères.

Les moments d’un naufrage d’un bateau surchargé au large des côtes libyennes, au cours duquel “seulement” 7 passagers ont péri, la marine parvenant à en sauver plus de 500 autres. On ne sait pas combien sont disparus.

Un naufrage banal, comme il y en tant. Auxquels on finit pas s’habituer et qui ne reviennent à la une de l’actualité que “grâce” à ces clichés, qu’on oubliera bientôt. Comme le petit Aylan.

Des morts chaque jour. Hier encore, 20 à 30 personnes ont péri dans un nouveau naufrage, au large des mêmes côtes. Et même si le nombre de victimes aurait baissé par rapport à l’an passé, c’est grâce aux opérations de secours qui se multiplient.

Et l’afflux de réfugiés vers nos côtes se poursuit.

Et toujours, plutôt que de s’effrayer des conditions de voyage, des conditions de vie qui poussent à l’exil au risque de cette vie, encore trop d’irresponsables agitent le chiffon rouge de “l’invasion”. Et parlent de cet afflux comme d’une menace pour notre confort, notre “contrat social” et nos “valeurs”. Qui valent tellement plus que 3711 vies  humaines (chiffre donné pour 2015 par l’Organisation internationale pour les migration)…

Je regarde encore une fois ces images et ne sait plus que dire du monde dans lequel il m’est donné de vivre. Et qui sombre dans un naufrage au long cours.

Alors, juste pour ajouter une touche de couleur aux tristes images du jour, faire émerger une touche d’espoir (ne me demandez pas d’être optimiste, mais je sais espérer), je partage avec vous une photo de l’installation Road to Exile déclinée par Barthélémy Toguo pour l’exposition au Centre d’histoire de la résistance et de la déportation (CHRD) de Lyon qui se termine dimanche prochain. Une exposition de regards d’artistes sur une actualité qui s’éternise et dont l’histoire, plus tard, nous fera honte. Intitulée Rêver d’un autre monde.

Rêver pour garder l’envie de réaliser.

(Photos : Marine militaire italienne, DR)

Aux photos du jour, j’ajoute aussi une voix comme je les aime, accompagnée par un piano majestueux. Celle de Joseph Arthur dans un titre extrait de son dernier disque : You Keep Hanging On.

Continuer à s’accrocher… Désespérément ou en conservant l’espoir.