Quand je (ne) serai (pas) vieux…

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“Quand je serai vieux, je serai insupportable”, affirmai-je avec Brel il y a dix jours à peine.

Mais je vous dois un rectificatif.

Non seulement parce que je suis déjà (un peu) vieux, comme je l’affirmai déjà tout autant, mais parce que je suis déjà insupportable. Du moins pour certain(e)s. Ce qui est tout à fait normal, me direz-vous, en me rappelant qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, et réciproquement. Je sais bien, mais c’est parfois dans la réciproque approximative que les choses deviennent désolantes, quand on déplaît à des personnes qui nous plaisent. Ou l’inverse.

Bref. Quand je serai vieux, je continuerai d’être insupportable. Et d’essayer de me supporter. Jusqu’à un certain point.

Revenons au sujet du jour.

À propos de vieux et de rectificatif, j’ai appris il y a quelque temps la nouvelle du décès de l’Étasunienne Susannah Mushatt Jones, remplacée comme doyenne de l’humanité par sa cadette de seulement 4 mois, l’Italienne Emma Morano-Martinuzzi qui, étant née le 29 novembre 1899, demeurait l’unique terrienne à être née au XIXe siècle.

Tout ça d’après Le Figaro, citant le très sérieux Gerontology Research Group qui recense 49 “ultra vieux” de plus de 110 ans encore en vie. Ou plus précisément 47 “ultra vieilles” et 2 “ultra vieux”, mais même s’il n’en restait qu’un ça n’empêcherait pas le masculin de l’emporter. Ainsi va la vie, même sur sa fin…

Mais je n’ai pas eu le temps de vous présenter Emma Morano-Martinuzzi, que je tombe sur la Russe Tanzilya Bisembeyeva, 120 ans au compteur depuis le 14 mars dernier. Une concurrente qui n’est même pas recensée par le Gerontology Research Group mais que revendique le Livre des Records russe, qui la place en plus en deuxième position en terme de longévité, derrière notre compatriote Jeanne Calment, décédée je vous le rappelle le 4 août 1997 à 122 ans 5 mois et 14 jours.

Pour vous éviter de fastidieux calculs, je vous précise que – si elle est encore de ce monde – Tanzilya Bisembeyeva égalera le record mondial le 28 août 2018.

Mes confrères français, qui font visiblement plus confiance aux instituts de recherche étasuniens qu’aux médias russes, ne parlent pas de cette doyenne surprise de notre humanité.

À peine est-elle mentionnée dans les sites francophones … russes qui rappellent aux nuls en histoire que Tanzilya Bisembeyeva est née en Russie tsariste, avant de vivre pendant la Révolution, la Grande Guerre patriotique, l’effondrement de l’URSS et de connaître toutes les crises économiques de la Russie. Et qu’elle compte à l’heure qu’il est 3 fils, 10 petits enfants, 24 arrières petits enfants et 2 arrière arrière petits enfants.

Sans prétendre égaler cette honorable descendance (je ne dépasserai pas deux enfants je pense…), j’ai l’impression d’avoir déjà vécu en moins de la moitié de l’âge de Tanzilya Bisembeyeva un nombre impressionnant de conflits, de crises et d’avoir vu naître un nombre considérable d’inventions en tous genres et assisté à tant de progrès pas toujours évolutifs… Pas autant que Tanzilya Bisembeyeva, bien sûr, qui conserve encore 66 ans d’avance sur moi, mais qui ne semble plus porter un regard quotidien sur le monde qu’elle a si peu traversé.

De toutes façons, même si je n’ai aucun projet de disparition prochaine, il est hors de question que je me mêle un jour à ces compétitions est-ouest (sans compter le Japon) pour savoir qui est le plus immobile (toujours pour évoquer Brel).

(Photos : Dmitry Rogulin, Elena Melikhova)

C’est aussi via le site russe d’informations en français évoqué plus haut que j’ai aussi trouvé la vidéo du jour. On y voit la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova, danser Kalinka à l’occasion du sommet Russie-ANASE (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) pour tenir sa promesse qu’il y aurait de la danse au banquet.

Une femme politique qui tient ses promesses, dire qu’il faut aller jusqu’en Russie pour voir ça.