Fermer les yeux

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Une photo du jour pleine de couleurs et de douceur, comme j’aime en partager avec vous le samedi sur abcdetc.

Pour nous souhaiter un doux week end.

Une photo d’une enfant sous une moustiquaire, pour protéger son sommeil.

Mais l’enfant ne dort pas. En regardant bien on voit ses yeux grand ouverts et notre regard croise presque son regard. Silencieusement.

Dans mon sommeil tellement morcelé ces derniers temps, il m’arrive parfois de garder longtemps les yeux ouverts ainsi. Et fixes. Pendant que mes pensées, elles, ne restent pas en place et s’agitent.

Je ne saurais vous dire à quoi pense cette enfant. Et quelle est sa conscience d’être allongée dans un camp de réfugiés afghans, à Kaboul. Plus d’1,2 million de personnes ont dû fuir leur maison depuis trois ans, chassées par la violence de “l’après guerre”.

Je ne crois pas que l’enfant pense à l’échec d’une opération militaire occidentale et aux milliards qui sont en partis en fumées de munitions, alors que les caisses des programmes d’aide internationaux sonnent parfois le creux.

Et je sais comme de la douceur apparente d’une image j’en suis arrivé à la colère de ma conscience impuissante.

Je sais que je ne peux pas fermer les yeux.

Et je n’arrive toujours pas à comprendre les mots de ceux qui me disent qu’il faudrait que j’oublie un peu le monde pour être simplement heureux.

Quel bonheur à être inconscient ?

Mais j’ai dans la tête les mots de Prévert qui conseillait : “Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple.” Alors, avec le regard de l’enfant afghane en tête, je vais plonger dans la journée, le week end, le silence. Avec un sourire en partage…

(Photo : Rahmat Gul)

En cherchant la berceuse que je pourrais offrir à l’enfant de Kaboul, je suis naturellement arrivé à … Lullaby par Lewis Furey puis par Carole Laure (en version audio seulement ; oui, je sais, c’est dommage).