Victoire du Portugais

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Slide 1

J’ai tardé à écrire ce billet.

D’abord, j’attendais le résultat du match d’hier pour savoir comment l’attaquer, ne sachant pas quelle nation connaîtrait quelques jours d’euphorie footballistique avant de retomber dans les vicissitudes de la vie quotidienne et d’affronter de nouveau les effets des diverses crises, économiques, sociale, politique, morale, etc. qui n’en finissent pas d’ébranler une Europe, quand même solide à bien y réfléchir.

Et puis…

Bref.

De toutes façons, toutes proportions gardées, il ne s’est pas passé grand chose au Stade de France. Je veux dire de matière à ébranler le cours de l’histoire. Et personnellement, ayant l’esprit peu chauvin, je dois dire que j’étais assez content d’imaginer que François Hollande (au pouvoir depuis 4 ans, je vous/lui rappelle) allait devoir trouver autre chose qu’une coupe d’Europe pour remonter à la fois notre moral de Français et sa cote de popularité de François.

Mais, outre la victoire des Portugais hier, je voulais saluer la victoire insolente  … d’un Portugais, qu’on a apprise samedi, à la veille du match de l’année.

José Manuel Barroso, ancien Premier ministre de son pays pendant 2 ans et surtout ancien président de la Commission européenne pendant 10 ans d’une marche forcée vers le libéralisme, vient d’être embauché chez Goldman Sachs. Une des banques les plus pourries de la planète et des plus impliquées dans la crise des subprimes de 2008. Sans parler de l’effondrement de la Grèce…

“Sans honte”, “indécent”, “bras d’honneur à l’Europe”, “scandaleux”, “désastreux”, “indigne”, “conflit d’intérêts”, “sans vergogne”… Je vous en passe. Les critiques de tous bords se sont abattus sur ce pauvre homme qui a vaillamment décidé de continuer à travailler après un âge (il a eu 60 ans en mars dernier) où de nombreux fainéants archaïques n’aspirent qu’à prendre une retraite qu’ils croient toujours bien méritée.

Exemplaire !

Et tellement symbolique.

Pour vous éviter (et à moi aussi) un haut-le-cœur néfaste, j’ai cherché une photo en rapport avec l’actualité mais pas trop avec José Manuel. C’est ainsi que j’ai déniché José Alberto da Mota Barroso, milieu de terrain portugais retraité lui aussi, après avoir disputé 364 matchs et marqué 59 buts dans sa carrière professionnelle.

(photos : João Abreu Miranda)

Il paraît que les supporters portugais avaient un chant qui aurait bien collé à leur ex et au nôtre : On est dégueulasse”.

Mais pour plus de douceur, j’ai préféré vous proposer d’écouter un autre Lusitanien (moi aussi je peux faire le cultivé qui évite trop de répétitions…) en la personne de Noiserv… qui nous rappelle poétiquement que si les jours se suivent, ils ne se ressemblent pas autant qu’on voudrait le croire ou l’inverse ce qui revient au même : Today is the same as yesterday, but yesterday is not today.