Impitoyables embrassades

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J’ai beau répéter encore régulièrement que je n’ai rien à voir avec le JR au chapeau et davantage avec le JR à l’appareil photo, je ne pouvais pas passer à côté des nouvelles tragiques en provenance de Dallas.

Pour ceux qui ont raté un épisode, pour cause de football, vacances, phobie informative ou autres, je rappelle que la célèbre ville texane a été le théâtre de la fusillade enragée de Micah Johnson, qui a tué cinq policiers et en a blessé sept autres, avant d’être lui même exécuté par un robot-bombe. Cela s’est passé jeudi 7 juillet dernier, en marge d’une manifestation de protestation contre les violences policières, et la mort de deux hommes noirs, Alton Sterling et de Philando Castile, tués par des policiers dans les jours précédents.

Sans entrer dans des comparaisons douteuses qui pourraient faire croire à une justification de l’acte de Micah Johnson, je rappelle le chiffre effrayant fourni par mes confrères du Washington Post, selon lequel ce sont 512 personnes qui ont été tuées aux États-Unis depuis le début de l’année par les forces de l’ordre. Et selon d’autres sources (de 2012), les Noirs représentent 31% des victimes des tirs policiers, alors qu’ils ne composent que 13% de la population étasunienne. Une sacrée disproportion. Si Micah Johnson avait voulu venger tous ses frères de couleur, il aurait dû abattre encore 158 policiers (je vous épargne les décimales).

Les États-Unis ont donc échappé à un véritable carnage…

Mais “œil pour œil rend aveugle”, comme disait Gandhi qui n’a pas dit ni fait que des conneries, comme en témoignerait quelque Pakistanais soigneusement choisi. Et il serait dommage que les États-Unis continuent de fermer les yeux sur ce triple problème du racisme persistant, des violences policières et des armes à profusion (j’en oublie sans doute d’autres). Comme il est regrettable qu’un président (presque) noir n’ait pas plus réussi en 8 années au pouvoir à régler au moins un peu du premier (et j’en passe tellement d’autres…)

Dans un élan compassionnel à faire se pâmer le Dalaï Lama, policiers et habitants de Dallas se sont livrés, depuis la tuerie de jeudi, à de vastes séances de congratulation et d’embrassades. Émouvant. Et si vous en voulez encore, ça existe aussi en vidéo :

Cela rappelle un peu l’amour du flic qui s’est emparé de notre pays en janvier 2015 quand tout le monde était Charlie. Mais vue la fonte de la popularité policière au fil des mois, on ne saurait trop conseiller aux shérifs texans et d’ailleurs de rester sur leurs gardes.

Aux noirs aussi.

(photos : Ting Shen, Barbara Davidson, Spencer Platt, Erik S. Lesser, Tony Gutierrez, Laura Buckmann, Eric Gay, Carlo Allegri, DR)

À propos de Texas, je me suis demandé ce que devenait Sharleen Spiteri et ses compagnons écossais de disque et de scène.

Et je me suis rendu compte que j’avais raté la compilation des 25 ans d’anniversaire de Texas, paru l’an passé à la veille de mon 53e anniversaire personnel !

Un clip de rattrapage tardif donc. Et pour l’avenir. Start a family.