Tant qu’il y aura des vacances !

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Dernier billet avant les vacances du blougui.

Et avant les congés payés en ce qui concerne le travail qui me paye.

La distinction peut paraître subtile, mais la précision a son importance, d’autant plus en cette année de 80e anniversaire de ces fameux congés payés, bien plus récents que l’humanité, pas encore généralisés à l’ensemble de cette humanité et dont nous ne sommes pas certains qu’ils durent autant que les impôts, selon l’expression consacrée.

Et à propos d’impôts, je me trouve en vacances (congés payés donc) et libéré un temps de mes obligations laborieuses le même jour (ou presque) que survient la “libération fiscale”.

Ce concept ultra-libéral, promu par les Contribuables associés ou l’Institut Molinari  (et d’autres peut être) qui nous expliquent, graphiques, tableaux de chiffres et longues diatribes à l’appui, que nous pourrons enfin profiter du fruit de notre dur labeur à partir du 26 juillet pour les premiers ou du 29 pour les seconds. Et qu’auparavant, nous n’avons fait que travailler pour l’État, sous le joug du fardeau des “prélèvements obligatoires” comme de véritables “esclaves fiscaux”, ainsi que certains n’hésitent pas à la dire.

Plus c’est gros…

Je n’ai pas trop envie ni le courage à la veille de mes congés payés d’ouvrir une polémique avec des gens que j’ai peu de chances de convaincre. Mais, au-delà des amalgames faciles entre cotisations sociales (que les libéraux aiment bien appeler charges) et impôts, j’ai juste envie de me souvenir que :

• Les première me permettent d’accéder à des soins que je ne pourrais pas me payer, d’offrir une retraite à mes ainés, en attendant mon tour, ou de montrer ma solidarité avec ceux qui n’ont pas la chance de payer des cotisations sociales parce qu’ils n’ont pas d’emploi…

• Et que les seconds que les autres me permettent de “bénéficier d’infrastructures et de services” (comme certains de mes confrères le précisent quand même (entre parenthèses…). J’avais ainsi calculé un jour que rien que l’éducation de mes deux enfants m’auraient coûté… l’équivalent de près de 10 années de salaire… Et je ne vais pas ici énumérer tout ce dont je profite “gratuitement” (transports, culture, santé encore, justice, protection militaire ou policière que certains parlent de renforcer encore et encore…) en échange de ma modeste contribution (moins modeste que certains optimiseurs fiscaux).

Alors oui, il reste encore beaucoup à faire en matière de justice fiscale (une promesse envolée du candidat Hollande qui doit aimer les optimiseurs évoqués plus haut) ou de dépenses publiques, comme d’arrêter de payer les intérêts d’une dette à des banques et autres spéculateurs qui se goinfrent de nos emprunts (la France a en 2014 une dette de plus 2 000 milliards d’euros mais a déjà payé plus de 1 400 milliards d’euros d’intérêts à ses créanciers depuis quarante ans…) ou de développer de meilleurs services publics, comme pour le logement (grâce auxquels se goinfrent d’autres spéculateurs…)

Bref.

Et puis, comme j’ai l’honneur de faire encore partie des effectifs de la fonction publique de ce pays (en attendant une prochaine réforme ?) je remercie les contribuables de participer – encore – à mes congés payés.

Allez, bonnes vacances !

Pour illustrer ce billet d’humeur et vous accompagner durant les jours de fermeture d’abcdetc, je vous propose une série de 25 images (une par jour, comme un calendrier de l’avent) extraites de la série Restricted Areas exposée aux rencontres d’Arles. Danila Tkachenko, jeune photographe russe né en 1989 à Moscou, y montre quelques vestiges de la splendeur passée de l’empire soviétique.

En espérant que les conquêtes sociales de mes aînés (comme celles qu’il me reste à lutter pour obtenir) ne seront pas demain des vestiges d’après la victoire définitive du libéralisme…

(photos : Danila Tkachenko)


À propos de vacances, j’avais envie de partager ici ce texte de Jacques Hamel, assassiné mardi matin, publié sur le site de sa paroisse :

L’été, temps des vacances :

Le printemps a été plutôt frais. Si notre moral a été un peu en berne, patience, l’été va finir par arriver. Et aussi le temps des vacances.
Les vacances, c’est un moment pour prendre de la distance avec nos occupations habituelles. Mais ce n’est pas une simple parenthèse. C’est un temps de détente, mais aussi de ressourcement, de rencontres, de partage, de convivialité.
Un temps de ressourcement : Certains prendront quelques jours pour une retraite ou un pèlerinage. D’autres reliront l’Évangile, seul ou avec d’autres, comme une parole qui fait vivre l’aujourd’hui. D’autres pourront se ressourcer au grand livre de la création en admirant les paysages si différents et tellement magnifiques qui nous élèvent et nous parlent de Dieu.
Puissions-nous en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel.
Un temps de rencontre, avec des proches, des amis : Un moment pour prendre le temps de vivre quelque chose ensemble. Un moment pour être attentif aux autres, quels qu’ils sont.
Un temps de partage : Partage de notre amitié, de notre joie. Partage de notre soutien aux enfants, montrant qu’ils comptent pour nous.
Un temps de prière aussi : Attentifs à ce qui se passera dans notre monde à ce moment-là. Prions pour ceux qui en ont le plus besoin, pour la paix, pour un meilleur vivre ensemble.
Ce sera encore l’année de la miséricorde. Faisons-nous un cœur attentif aux belles choses, à chacun et à ceux et celles qui risquent de se sentir un peu plus seuls.
Que les vacances nous permettent de faire le plein de joie d’amitié et de ressourcement. Alors nous pourrons, mieux pourvus, reprendre la route ensemble.
Bonnes vacances à tous !
Père Jacques

Ce sont deux hommes, Simon Carpentier et Victor Solf, qui composent le duo Her. Pourquoi pas ? Leur ambition affirmée est de “réussir à faire une bonne chanson avec le moins d’éléments possibles”. Et c’est plutôt réussi.