Souvenirs, souvenirs ?

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Chaque jour l’enfant prend une arme ?

Télescopage de l’actualité et confusion d’un monde qui tourne comme il peut. En cherchant hier les images de ce jour, je n’ai pu m’empêcher de retenir celles de cet enfant testant un fusil AK-47, plus connu sous le nom de Kalachnikov.

L’arme la plus célèbre, la plus simple et l’une des plus vendue au monde, création de Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov (Михаил Тимофеевич Калашников) en 1947 (d’où son nom de Avtomat Kalachnikova 1947, soit AK-47), peut en effet désormais s’acheter “comme souvenir par toute personne en âge légal” à l’aéroport Cheremetyevo de Moscou où la société Kalashnikov a ouvert sa première boutique. On y trouve également quelques gadgets siglés de la marque la plus connue de Russie : sacs, t-shirts, casquettes ou coques de portable.

Bien sûr, les fusils vendus à l’aéroport ne sont que des imitations. À 400€ pièce quand même, ce qui n’est pas donné par rapport à certaines occasions qu’on peut se procurer hors boutique. Et leur côté factice n’empêche pas les autorités aéroportuaires de se déclarer vigilantes.

La société Kalachnikov prévoit l’ouverture d’une dizaine de boutiques d’ici la fin de l’année. C’est dire si l’on peut envisager, à l’occasion du 70 anniversaire de l’AK-47, la prolifération ‘imitation criantes de vérité. Et susceptibles d’usages douteux ?

En 2002, Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov déclarait à mes confrères berlinois du Guardian : Je suis fier de mon invention, mais je suis triste qu’elle soit utilisée par des terroristes. Je préférerais avoir inventé une machine que les gens peuvent utiliser et qui aiderait des fermiers dans leur travail… par exemple une tondeuse.”

Mais imagine-t-on un enfant jouer avec un tondeuse, même parfaitement imitée ?

(photos : Maxim Shemetov)

Sans attendre samedi, le sujet et le titre du jour m’ont incité à chercher quelques reprises du fameux Kalašnjikov, qui ouvre la BO d’Underground, le film (germano-franco-hongro-bulgaro-tchèquo-yougoslave) d’Emir Kusturica sorti en 1995.

Avec :

  1. Flying Orkestar, pour une reprise assez fidèle
  2. Miloš Momčilović Nani, dans une interprétation très personnelle
  3. L’Orchestre symphonique d’Athènes, pour une sacrée réorchestration
  4. Goran Bregović, le créateur original de la chanson, en grande forme et grande formation