Trêve de plaisanterie ?

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C’est une image devenue presque banale.

Pourtant, chaque fois que je vois un nouveau né dans les décombres de la guerre, dans les ruines qui s’ajoutent aux ruines après chaque bombardement, je suis parcouru d’un frisson de tristesse mêlé d’une joie un peu voilée de savoir que la vie continue.

À Alep, comme ailleurs, on naît, on aime, on marche, on avance, on se bat avec les problèmes du quotidien, plus nombreux qu’ailleurs, on meurt, plus qu’ailleurs aussi.

Une photographie de 11 septembre, loin des commémorations étasuniennes. Un jour comme les autres dans un pays en guerre depuis maintenant 5 ans et demi. Une photographie qui dit le désastre mais aussi la vie.

Une image en écho à cette série proposée la semaine passée, témoignant de la vie d’Alep entre les bombesque j’ai complétée d’autres images récentes.

Des clichés tous envoyé par le même photographe, Abdalrhman Ismail, que j’imagine lui aussi vivant pour raconter la vie. Et continuer de croire.

Malgré la guerre interminable, les plus de 290.000 morts, les blessés par milliers, les réfugiés par millions.

Et la trêve annoncée, une fois de plus, qui devait commencer hier soir, pendant que j’écrivais ce billet, après quelques bombardements encore, comme celui qui a frappé avant la photo ci-dessus, et quelques morts encore. Et un espoir tellement ténu et tellement de menaces sur cette paix si fragile.

Une trêve fragile. De plaisanterie ?

Ah non… Ça c’était à l’occasion du Jour de la ville à Moscou. Samedi…

(Photo : Ameer Alhalbi, Abdalrhman Ismail, Sergei Karpukhin)

La vie qui continue, c’est aussi la musique qui se fait entendre un peu mieux pendant la trêve.

Hussein Rassim est parti l’an passé d’Irak pour gagner la Belgique, où il a rejoint le collectif Refugees for Refugees, qui a enregistré un CD, Amerli, dont une partie des bénéfices va aux associations humanitaires.