Vivre de boue

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Ce monde est plein de contrastes, je ne cesse de le penser. Souvent de l’écrire.

Cette pensée m’a encore traversé en voyant la première image du jour, qui montre une participante de l’étape grecque du Legion Run, qui s’est déroulée ce week-end à Sofiko, non loin de Corinthe, et a réuni 2500 “légionnaires” sur un parcours de 5 km, semé de boue, mais aussi de feu, de glace, et de barbelés.

Et l’image m’a glacé, en pensant aux barbelés à quelques kilomètres de là, qui empêchent le passage à ceux qui ont parcouru bien plus de 5 kilomètres pour se retrouver maintenant bloqués en Grèce.

Les photographies suivantes ont été prises fin février et début mars derniers, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, où plus de 6500 réfugiés se sont heurtés à une frontière de barbelés.

Ils seraient aujourd’hui 64.000 réfugiés en Grèce, à attendre… Hier, 1500 enfants sur les 15.000 ainsi assignés à résidence ont pris le chemin de l’école, parfois sous escorte policière pour les protéger des parents grecs qui protestaient contre le danger qu’ils représenteraient pour leurs propres enfants.

Et, entre les “légionnaires” qui s’amusent comme ils peuvent et les légions de migrants impuissants, je ne sais que conclure. Sauf à ajouter un soleil d’espoir.

Celui qui se levait sur la mer Égée, le 11 août 2015, éclairant un bateau pneumatique rempli de migrants syriens, avec son moteur tombé en panne alors qu’il faisait route pour l’île de Kos. L’image qui illustre le palmarès du 23e Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, remis à Yannis Behrakis pour son reportage Les Persécutés (voir ici les autres images). Un prix que le photographe de Reuters a reçu en pleurant et dont il a fait don à Médecins sans frontières.

Je ne sais pas où va ce monde dont j’ai parfois l’impression que le moteur est lui aussi tombé en panne.

Allez, je remets le soleil :

(Photos : Vassilis Psomas, Louisa Gouliamaki, Marko Djurica, Petros Giannakouris,
Visar Kryeziu, Georgi Licovski, Yannis Behrakis)

Si les légionnaires de Sofiko ont pataugé dans la boue, les spectateurs du Festival desert trip en ont un peu manqué pour rejour Woodstock. Et puis avec des billets de 199 à 1599$ pour voir jouer les papys du rock, on était loin des trois jours (finalement gratuits) de paix et de musique de jadis.

Bref.

De fil en aiguille, j’ai trouvé Mud (Boue…), projet musical mené tranquillement par l’Italien Michael Negrini, et une chanson composée pour Amnesty International : Metti che un giorno ti svegli (tu da che parte stai?)