Adieu Buster Keaton

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Jamais deux sans trois.

Pour le coup ce dicton, aussi populaire qu’invérifiable, est d’actualité dans ce blougui, avec le troisième billet consacré à Bhumibol Adulyadej après ceux de décembre 2013 et décembre 2014.

Le roi de Thaïlande est donc mort hier “paisiblement” après 88 ans de longue vie, 70 ans de long règne (record mondial !) et plusieurs années de maladie. Et son fils Maha Vajiralongkorn va donc lui succéder pour un règne qu’on peut prédire comme bien moins long, sans risque de se tromper.

On lui souhaite une bonne santé et après ça on ne sait trop quoi dire… Surtout dans l’incertitude de la possible transmission, aussi, du crime de lèse-majesté.

Juste qu’ayant appris à l’occasion de son décès que le roi Rama IX était connu comme “le roi qui ne souriait jamais”, j’ai évidemment cherché à faire mentir la légende et à vous trouver une image où le Buster Keaton thaïlandais se déride.

Je dois reconnaître qu’après de courtes recherches parmi des dizaines d’images de Thaïlandais en pleurs brandissant de sinistres portraits entrecoupées de quelques photos d’un triste sire, l’image que j’ai déniché n’est pas des plus probantes. Mais on sent que le ou la peintre, qui réalisa se portrait à l’occasion du 87e anniversaire de Bhumibol Adulyadej il y a deux ans, a fait un effort.

Et en voyant toutes ces images en même temps que j’écoutais distraitement les candidats primaires de la droite pérorer dans le poste, je me suis dit que régner n’était vraiment pas rigolo. Et je me suis demandé quel masochisme ou quelle souveraine motivation poussait ces prétendants au trône.

Et comme je ne suis pas naïf, je crois tenir la réponse. Elle est triste…

(photo : Christophe Archambault)

Dario Fo, lui, savait rire et nous faire rire. Il est mort lui aussi hier.

(Photo : Gabriel Bouys)

J’ignore s’il a eu connaissance de l’identité de son successeur au palmarès du Prix Nobel de littérature, mais ça l’aura peut être bien fait rire une dernière fois.

Pour ma part, je me suis demandé si les organisateurs du Desert Trip Festival, évoqué ici cette semaine, changeraient leur programmation pour leur second week-end de luxe musical, afin de ne pas mettre le nobelisé Dylan en première partie – seulement ! – des Rolling Stones, auxquels on se demande dès lors quelle distinction on pourrait bien accorder…

Bref.

Sans aucun rapport avec rien, sauf en hommage lointain à l’anarchie cousine de l’absurde, je vous propose d’écouter un bel hommage rendu à Erik Satie par le musicien libanais Claude Chalhoub.