Vers l’infini…

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Dans le désordre, mais entier…

A deux titres de billets d’intervalle, j’aurai donc cité Buzz (co-héros de Toy Story, je le rappelle au cas où), en entier mais dans le désordre.

Parce que samedi dernier, juste après avoir exploré l’infiniment petit, j’ai trouvé cette image.

Que j’ai trouvée d’une infinie bêtise.

Je sais, c’est un jugement de valeur qui n’engage que moi.

Une photographie en marge de la “bataille” de Mossoul, prise à Qayyarah où flambe un puits de pétrole, incendié par les djihadistes de Daesh pour retarder l’avancée des troupes irakiennes. Et pendant ce temps là, un quidam se prend en photo.

Depuis plus de 7 ans et 2600 billets, je continue chaque jour ou presque de relayer le travail de reporters qui s’effacent devant leurs sujets pour mieux nous montrer le monde. Mais le monde évolue… Et de plus en plus, je croise de ces gugusses à portable qui prennent de mauvaises photos d’eux même, sur le mode de “j’y étais”.

On appelle ça des selfies. Selfish se traduit par égoïste. Et selfie, plutôt que de se traduire par autoportrait pourrait se traduire pas narcissisme. Comme si l’événement devenait soudain moins important que l’individu qui y assiste.

Si l’on n’a pas attendu l’avènement des téléphones portables et des réseaux sociaux pour raconter l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours, les nouvelles technologies permettent un raccourci vers l’ours. Et celui qui l’a vu et devient le héros de l’histoire.

Tant qu’il reste des ours. Ou, à défaut, des incendies criminels ou tout autre événement. Ou non événement.

Si je reste convaincu d’une place prépondérante, et à défendre, de l’humain, cet ultra individualisme tellement compatible avec l’ultralibéralisme, qui le rend possible et désirable, a quelque chose d’inquiétant. Mais je suis peut être un vrai ringard réactionnaire

Pas comme Hillary Clinton.

Dont on nous apprend que ce selfie géant, pris à la fin du mois dernier déjà (comme le temps passe) et qui peut paraître délirant n‘est pas du tout une erreur. L’image a même été prise par la photographe officielle.

La future (?) présidente des États-Unis sait vivre avec son temps, même si elle appartient pour une large part au passé. Elle a surtout une bonne équipe de communicants.

Mais vouloir être de son temps, c’est déjà être dépassé, comme disait en sont temps à lui Ionesco. Et en tant que ringard réactionnaire, je peux prédire sans trop risquer de me tromper que le selfie deviendra lui aussi ringard et qu’autre chose émergera pour le supplanter. Je ne suis pas prophète, je ne sais pas quoi. Quelle réalité virtuelle qui dispensera même d’aller au meeting ou devant le champ de pétrole. Ou quelle nouvelle panne géante d’internet qui obligera les branchés à trouver autre chose pour s’exprimer et exister. Tout le monde n’étant pas Rembrandt ou Van Gogh pour réaliser son autoportrait à l’ancienne, il faudra innover. Mais j’ai confiance : on trouvera…

Car l’intelligence humaine est sans limite. Comme sa bêtise.

Ce qui m’évoque une autre citation :

“Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.” Albert Einstein.

(Photos : Yasin Akgul, Barbara Kinney)

Rien à voir les selfies ni avec Hillary Clinton que son adversaire rêve de mettre en prison.

J’ai juste trouvé beau le projet musical dans cette prison du Malawi. Dans l’idée, comme dans le résultat.

Alors, même sans images, j’ai décidé de partager avec vous la musique du Zomba Prison Project.