Les yeux verts

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L’image du jour ne date pas d’aujourd’hui. Ni d’hier…

Mais vous avez sans doute reconnu Sharbat Gulla, plus connue sous son titre “d’Afghane au yeux verts” ou de “Mona Lisa afghane”

Elle avait 17 ans en 1984, lorsqu’elle fut photographiée par Steve McCurry, dans un camp de réfugiés au Pakistan. La photographie fit la une du National Geographic en juin 1985, illustrant alors la fuite des Afghans devant “l’invasion soviétique”.

Des années ont passé. Les envahisseurs ont changé. Les réfugiés sont toujours au Pakistan, où Sharbat Gulla vient d’être arrêtée pour détention de faux papiers, comme 60.000 de ses compatriotes.

Ils ont été jusqu’à 1,4 millions d’Afghans réfugiés au Pakistan voisin. Qui a entrepris depuis le début de l’année de les renvoyer chez eux. Plus de 350.000 sont déjà repartis.

En France, malgré “l’explosion” des demandes d’asile, ils ne sont que quelques milliers. Mais à entendre les nouvelles de la “relocalisation” des réfugiés de Calais, ils sont encore moins les bienvenus qu’au Pakistan. Et il leur sera plus difficile ici d’obtenir de faux papiers en se faisant passer pour des autochtones.

Si l’invasion soviétique est bel et bien terminée, il est difficile d’en dire autant de la guerre. En témoignent dans ces derniers jours le massacre de villageois par des insurgés se revendiquant de l’organisation Etat islamique ou la frappe de drone contre deux responsables d’Al-Qaida

Si notre regard s’est détourné comme si la guerre était terminé, celui de Sharbat Gulla revient nous questionner.

Et encore nous donner honte.

(Photo : Steve McCurry)

En 2002, Renaud chantait (avec Axelle Red) la “petite fille afghane”. Aujourd’hui je l’ai vu en couverture de Paris-Match… Les temps changent et je ne vais quand même pas vous passer une chanson d’enfoiré.

Mais je vous ai trouvé un autre duo. Celui de Melissa Etheridge et de Salman Ahmad, leader de Junoon, le “U2 pakistanais”.