Sombre

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La photo du jour ne date pas d’hier…

Ni même de cette semaine, malgré sa présence en une de Libération le 10 novembre. Parmi 4 photos de Donald Trump en une du même journal en une semaine !

En fait, l’image date du 14 juin dernier. Alors que Donald Trump venait tout juste d’être investi comme candidat républicain. À la première stupeur générale…

En juin ou en novembre, cette image prend une autre signification.

Pendant la campagne, c’était une manière de faire disparaître ce candidat honni, détestable, mal élevé, incongru, etc.

Aujourd’hui, elle raconte l’horreur que nous ne voulons pas regarder en face, de cet homme dont on souhaiterait qu’il ne soit jamais sorti de l’ombre. Et de l’ombre que nous ne voulons pas voir.

J’aurais dû écrire, quelque part entre juin et aujourd’hui, que je jugeais tout à fait probable la victoire du con face à la candidate démocrate, tellement si peu de gauche et qui venait de piétiner Bernie Sanders, dans un processus fort peu démocratique qu’on ne dénonçait pas tant à l’époque. Je serais aujourd’hui célèbre pour ma prémonition, comme Michael Moore.

C’est trop tard. Et je ne vais pas tricher en antidatant un billet avec cette image.

Je ne rivaliserais pas non plus de commentaires avec les spécialistes, analystes et autres éditorialistes qui se succèdent depuis une petite semaine sur l’air de la déploration. Parlant pour ne pas écouter. Une fois encore.

Cette élite de plus en plus réduite, protectionniste de ses privilèges de la parole et du savoir et qui ne se soucie plus guère vraiment du partage de la connaissance comme des richesses, ni de la déliquescence même d’une société cloisonnée, repliée, bloquée. Dont laquelle les exclus sont de plus en plus nombreux. Et en – légitime – colère.

Je n’ai pas de solution à proposer, à moi seul, pour réinventer l’avenir et réenchanter le monde. Pour que chacun y ait au moins la place d’y œuvrer et d’en récolter le juste fruit de son ouvrage. Et d’y avoir le loisir d’y goûter au bonheur. Que je ne sais pas toujours bien définir.

Mais les politiques qui prétendent avoir des solutions n’ont guère d’imagination.

Alors, la victoire de Trump permet aux uns à espérer leur propre triomphe à venir et servira à d’autres d’épouvantail. Comme depuis trop longtemps.

Avez-vous oublié, électeurs en âge de voter en 2002 pour “barrer la route à l’extrême droite” pendant que les jeunes manifestaient en masse contre le pestiféré d’alors, avez vous oublié après votre contorsions pour voter avec des gants, comment Chirac n’en prit pas (de gants) pour pétiner les promesses d’union nationale et mener tranquillement une bonne politique droitière qui allait ouvrir le chemin  à Sarkozy.

Avez-vous oublié comme vous avez voulu croire que Ségolène Royal puis François Hollande étaient de gauche, quand vous votiez pour eux afin de barrage à ce même Sarkozy. Sans succès en 2007 et avec quel succès 5 ans plus tard. Alors que vous n’étiez qu’en train de reproduire un vote à droite pour faire barrage à l’extrême droite.

Ce que vous referez l’an prochain, en votant Vals, Macron ou Juppé, contre Marine Le Pen.

Il est temps de réinventer la “démocratie”. Ou autre chose.

Et quand je dis autre chose, j’espère que ce ne sera pas une déclinaison d’un fascisme déjà trop expérimenté dans l’histoire.

Car sinon, l’avenir serait aussi sombre que la photo du jour.

C’est parce que je suis profondément pessimiste que je cultive l’espoir. Même ténu.

(Photo : Damon Winter)

Pour la mosaïque de reprises du jour, j’ai bien sûr pensé une nouvelle fois à Leonard Cohen, qui a inspiré tant d’interprétations, notamment d’Hallelujah bien sûr, l’une des chansons les plus reprises sans doute de par le monde. Mais, primo la mosaïque de cette chanson culte existe déjà sur abcdetc (même si elle semble avoir souffert…), et secundo… Quand je suis allé quérir quelques reprises, j’ai trouvé plein d’inconnus qui avaient enregistré des vidéos hommage depuis la mort du troubadour.

Aussi, je vous propose une mosaïque de ces inconnus, qui ne dépassent pas quelques centaines de visionnages pour les plus chanceux ou talentueux, quelques dizaines pour d’autres, dont l’émotion palpable tient lieu aujourd’hui de talent.

Avec :

  1. Frida Johansson : Suzanne, en suédois..
  2. Marion Cousineau : Famous blue raincoat
  3. Geneviève Neuville : Dance me to the end of love
  4. Parkington Sisters : If It Be Your Will
  5. Radii : The Future
  6. Diana Stabel : Tonight will be fine
  7. Frank Uke : I’m your man
  8. Cinde et Smoke : Hallelujah
  9. Nismans Spil : redonnez moi le titre…