Oh oui, encore !

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Sarkozy avait peut être bien raison

Au moins quand il déclarait que la Turquie n’a pas vocation à adhérer à l’Europe.

(Pour mémoire, je rappelle la définition de “vocation” selon Larousse : “Destination d’un être, ce vers quoi sa nature ou le destin semblent l’appeler : La vocation maternelle de la femme.” sic)

Depuis l’échec du coup d’État avorté de juillet dernier, le président Recep Tayyip Erdoğan semble s’évertuer à lui donner raison, multipliant les arrestations de masse (35000 personnes), le limogeage de fonctionnaires (85000 mises à pied), les menaces contre les opposants et les journalistes…

Et autres actes démocratiques qui témoignent d’une ouverture de la société aux valeurs occidentales.

Ainsi le parlement turc a approuvé jeudi dernier en première lecture un projet de loi déposé par le gouvernement prévoyant de suspendre la condamnation d’un auteur d’agression sexuelle sur mineure qui épouserait sa victime. Mesure qui serait appliquée une seule fois et de manière rétroactive, a précisé le lendemain du vote, le premier ministre Binali Yildirim. Ce qui a coupé court à mes interrogations sur un possible retour de la polygamie pour les violeurs récidivistes.

Le gouvernement a eu beau argumenter que son projet ne visait pas à légitimer le viol mais à “protéger les enfants” dans le cas “des mariages précoces qui sont malheureusement une réalité”, les femmes turques n’ont pas voulu l’entendre ainsi. Pour dénoncer cette “amnistie” des violeurs, elles sont descendues dans les rues par milliers, avec parmi elles la propre fille du président, Sumeyye Erdogan Bayraktar, vice-présidente de l’Association des femmes et de la démocratie…

Et elles ont obtenu gain de cause, puisque hier le gouvernement a annoncé une révision de sa loi.

Même si ce n’est qu’un recul et non une annulation en bonne et due forme, il est doux et réconfortant de penser qu’il est encore possible de manifester et d’être entendu(es), même en Turquie. Comme le salue Umit Metin, coordinateur de l’Assemblée citoyennes des originaires de Turquie, cité par mes confrères de RFI :

“Des milliers de femmes dans toute la Turquie ont osé prendre le risque de descendre dans la rue. Elles ont été réprimées d’une façon très sanglante par la police dans toutes les villes de la Turquie et donc des milliers de femmes ont réussi à faire reculer le gouvernement sur ce texte-là.

On ne peut que se féliciter et dire qu’on a eu une lueur d’espoir par rapport à tout ce qui se passe en Turquie, que cet espoir est porté par les femmes. On sait très bien que depuis la tentative de coup d’État la torture est revenue systématiquement dans les commissariats. On a une garde à vue prolongée jusqu’à 32 jours. Donc chapeau, espoir pour le peuple turc grâce à ces femmes.”

Oui, chapeau bas aux femmes turques (et aux rares hommes entraperçus sur les images du jour). En espérant que, même hors de l’Europe, elles puissent inspirer d’autres combats à venir par chez nous.

Même sans (ce pôv con de) Sarkozy.

(Photos : Adem Altan, Ozan Kose, Yasin Akgul, Sedat Suna, Burhan Ozbilici, D. Cupolo, Umit Bektas, DR)

Selon certains spécialistes – musicaux – que je me contenterai (encore) de citer, Gaye Su Akyol est une des représentantes “d’une scène qui combat le conservatisme culturel”.

De ce côté là non plus, le combat n’est sans doute pas terminé. Aussi, souhaitons une longue vie artistique à la toute jeune “punkette” turque.