матрьошки

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Oui, je sais, on dirait que je radote.

Mais le titre du jour (même s’ils signifie poupées russes) n’est pas en russe comme hier, mais en ukrainien.

Car c’est bien de Tchernobyl que nous viennent les images du jour et les fantastiques nouvelles qui les accompagnent.

Plus de trente ans, quelques dizaines de milliers de morts et d’handicapés, après la catastrophe nucléaire la plus importante de notre histoire (jusqu’à nouvel ordre), une arche géante vient donc d’être posée (glissée?) sur le réacteur n°4 de la centrale ainsi que sur le premier sarcophage qui avait été construit à la hâte pour tenter de contenir la radioactivité.

Comme un jeu de poupées russes.

Le premier bouclier était censé durer 20 à 30 ans, mais en 1999 il montrait déjà des signes de fatigue. D’où la construction de ce nouveau couvercle, dont on nous promet aujourd’hui qu’il tiendra 100 ans. Soit le temps de démanteler la centrale. À plus d’1,4 milliards d’euros les 36000 tonnes de béton et d’acier, on est prié de croire dans les garanties offertes par Novarka, une “coentreprise” de nos géants français du BTP Vinci et Bouygues.

On espère juste que ce dernier n’a pas exporté les malfaçons constatées dans la construction de notre futur réacteur nucléaire de nouvelle génération à Flamanville, et que l’acier utilisé à Tchernobyl est de meilleur qualité que celui des 18 réacteurs français qui présentent des “anomalies”.  Sinon, on sera juste bons pour se payer un nouvel étage. Une nouvelle poupée.

Si on en a les moyens, le temps. Et s’il reste quelqu’un pour le faire…

Comme le dessine mon collègue blogueur Bar, le nucléaire est vraiment une industrie d’avenir.

Dans un siècle, j’irais (oui, au conditionnel…) sur mes 155 ans. Soit 38 ans de plus que notre doyenne du moment, l’Italienne Emma Morano, qui fêtait mardi dernier ses 117 ans – seulement si j’ose dire – et qui reste quand même la dernière personne sur terre née au 19e siècle.

Autant dire que je ne pourrai(s) pas faire valoir la garantie offerte par Vinci, Bouygues et consort à l’humanité.

Mais j’espère que mes petits-enfants (ou autres descendants) pourront encore lire ce billet.

(Photos : Volodymyr Repik, Cliff Page, Efrem Lukatsky, Gleb Garanich, Brendan Hoffman, Alessandro Garofalo)

J’ai failli radoter en vous proposant de réécouter une chanson du groupe russe Кино (Kino), Споко́йная но́чь (Bonne nuit), passée ici il y a près d’un an et qui m’avait complètement hypnotisé.

Et puis, de fil en aiguille, j’ai trouvé tout un concert du groupe et de son chanteur Viktor Tsoï,  “dernier héros du rock russe”, chantre de la Glasnost pour toute une jeunesse encore soviétique et… chauffagiste dans le civil. Mon jumeau de 1962, mort  tragiquement le 15 août 1990 et qui n’aura pas connu la dissolution de l’URSS.

Avec même une reprise de ma chanson fétiche à 45’ (pour ceux qui n’écouteraient pas tout)…

Ceux qui n’ont rien à attendre se mettent en route
Ceux qui sont sauvés, ceux qui sont sauvés.

À ceux qui vont se coucher:
Faites de beaux rêves.
Bonne nuit.