Ô Joie

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Certain(e)s des rares lecteurs et lectrices de ce blougui ont remarqué ces derniers temps une tritessse encore plus vive que d’habitude qui se dégageait des pages d’abcdetc.

Alors, afin de partager un peu de joie pour ouvrir ce premier week-end de l’avent, j’ai cherché (via le leader des moteurs de recherche et sa fonction d’images, limitée aux dernières 24 heures) de la “joie” :

Le résultat aura bien sûr changé lorsque (si) vous cliqu(er)ez sur le lien ci-dessus. Je vous donne donc un aperçu de ce que j’ai trouvé :

Des photos de mariage, de nageurs, de mode, de grossesse, de chien, de reliques du père Marie-Eugène, de pissenlit, de famille, du Téléthon, de voiture, de revolver, de grande roue, de supporters, de chèvres, de Rabbi Jacob, de tortues Ninja, de plusieurs sourires et aussi de plusieurs paires de chaussures, quelques logos, quelques annonces promotionnelles, quelques dessins d’enfants, et même deux photos de notre futur ex-président et une (sans aucun rapport?) de sacrifice humain durant une messe noire (je vous mets le lien de la page où figure cette dernière). Et rien sur Noël.

Quelque chose comme un inventaire à la Prévert (expression non déposée je l’espère par l’ayante (de quel) droit du poète, hostile à toute expression artistique qui n’est pas la sienne et qui n’a hérité ni de la poésie ni de l’humour de son grand-père).

Bref.

C’était pas la joie.

Ce n’est pas pour ça que j’ai pleuré. Mais j’ai trouvé, grâce à mon confrère de la Boîte verte, toujours pleine de belles images du monde, un lien vers les larmes que l’artiste étasunienne Rose-Lynn Fisher photographie au microscope.

Des larmes (les siennes ou celles de proches) aux origines diverses : une réunion interminable, des oignons, un chagrin, un rire à en pleurer, une aspiration à la libération, un espoir du possible, un changement, une fin et un commencement… Ou une simple larme, d’origine non identifiée, qui a inspiré un motif de dentelle.

Je n’imaginais pas qu’il puisse y avoir autant de différences d’une larme à une autre, apparemment autant que dans les flocons de neige. Mais en regardant ces étranges images en noir et blanc, je me suis souvenu de cette phrase de Léo Ferré qui disait que “la beauté, c’est les larmes”.

Le poète a toujours raison.

(Photos : Rose-Lynn Fischer, dentelle Darquer)

Pour accompagner la joie, j’avais pensé à Beethoven, dont une reprise étrange de l’ode fameuse m’avait interpellé. Mais pour accompagner les larmes…

Après avoir composé un embryon de mosaïque avec trois chansons…

par :

  1. Mike Brandt : Rien qu’une larme
  2. Richard Anthony : Il pleut des larmes
  3. Daniel Balavoine : Vendeurs de larmes

… je suis revenu écouter Léo Ferré :

avec trois autres chansons :

  1. Ni dieu ni maître, pour “Cette aube qui met la voilette / Pour des larmes qui n’ont peut-être / Ni Dieu ni maître”
  2. Je te donne, pour “Les larmes de la joie quand elle est à genoux”
  3. Requiem, pour “…ce mouchoir à qui tes larmes font des signes”. Et aussi pour le silence…