Il n’y a pas de sots métiers

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“Il y a des années où l’on n’a envie de rien faire.”

C’était la devise de la maison de disques Saravah, fondée par Pierre Barouh avant qu’il ne devienne célèbre pour avoir composé la chanson d’Un homme et une femme et, accessoirement, d’épouser Anouk Aimée, dont il divorcera après trois ans de mariage. Seulement ? Quand même !

Si j’inscris cette citation en introduction, ce n’est pas seulement pour rendre un hommage tardif à l’auteur-compositeur-interprète qui nous a quitté le 28 décembre dernier et qu’abcdetc n’a pas salué dans sa rétrospective musicale nécrologique, mais surtout parce qu’elle a émergé de mes souvenirs, hier soir alors que je préparais ce billet.

Trois jours seulement de reprise – dans mon travail qui me paye comme sur ce blougui qui me coûte – et déjà comme une envie de ne rien faire. Ni de me plonger dans la biographie de Ali Akbar Hachemi Rafsandjani pour commenter les images de son enterrement à Téhéran, ni de veiller tard pour écouter les derniers mots d’Obama, ni de chercher la définition ou l’origine des carollers qui ont offert une minuscule balance à plateaux à Angela Merkel à l’occasion d’une réception à la chancellerie, ni de me risquer à un nouvel accès de violence à propos de l’Afghanistan ou d’Israël… Pour vous donner un aperçu des photos auxquelles vous avez échappé.

Et je ne vous parle pas de mes non envies au travail qui me paye…

Alors ?

J’ai répondu à une autre devise, interne à ce blougui (Quand tu ne trouves pas l’inspiration, tourne-toi vers l’Inde) et j’ai choisi de partager avec vous cette image. Belle et énigmatique.

Belle, je ne vous l’explique pas. Mais pour lever l’énigme, je vous ai traduit la légende qui accompagnait cette photographie prise à Ahmedabad vendredi dernier :

“Une femme jette un mélange de cendre noire, de ciment, de poudre de béton et de poussière ordinaire sur le revêtement routier nouvellement posé pour le sécher et combler les trous…”

Un étonnant travail.

Pas plus inutile en fait que celui qui me paye. Ni que celui de blogueur.

Je penserai à cette femme demain, en tâchant de faire (de mon) mieux. Au moins pour combler quelques trous.

(Photo : Amit Dave)

Après m’être saoulé de musiques indiennes en préparant ce billet et pour programmer sa partie musicale, j’ai bifurqué vers l’Afrique. RFI a publié en toute fin d’année dernière son top 10 des albums africains de 2016. Où l’on trouve à la première place Baaba Maal et son disque The Traveller.