Prometteur

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Commencer la semaine avec un sourire, c’est prometteur…

Celui-ci nous vient de Dakar, où un autre président que celui dont on nous rebat (un peu trop) les oreilles a prêté serment en fin de semaine : Adama Barrow, élu le 1er décembre par les électeurs de Gambie.

Je rassure tout de suite les électeurs cultivés. La capitale de la Gambie est toujours Banjul et non Dakar. Mais les péripéties post-électorales ont obligé à ce déplacement.

Car si le président sortant, Yahya Jammeh, avait d’abord – étonnamment – accepté sa défaite du 1er décembre (voir ici sur abcdetc), il s’est ravisé une semaine plus tard, en cédant à une tradition africaine bien connue : la contestation des résultats et de la régularité du scrutin. Un avis d’expert de la part d’un président resté au pouvoir pendant plus de 22 ans d’une manière aussi peu démocratique qu’il y était parvenu et qui s’était déclaré dans le passé “prêt à diriger la Gambie pendant des millions d’années… À deux jours de la “passation” de pouvoirs, il était même allé jusqu’à décréter l’état d’urgence dans son pays.

C’est donc en terre gambienne, mais à l’ambassade de son pays à Dakar, qu’Adama Barrow a prêté serment, jeudi 19 janvier, sur la constitution. Et devant Dieu. Mais devant bien moins de monde, à l’intérieur de l’ambassade comme à l’extérieur, et beaucoup moins de médias que son homologue étasunien.

Lors de son discours d’investiture, le nouveau président a rappelé que “c’est la première fois depuis l’indépendance de la Gambie en 1965 que la pays a changé de gouvernement de manière pacifique, par les urnes”, et espérant que ce processus démocratique puisse se poursuivre.

Sous la pression “amicale” des forces armées de la Cédéao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), Yahya Jammeh a finalement accepté samedi de prendre l’avion – présidentiel – pour s’exiler en Guinée équatoriale. Le président élu devrait rentrer rapidement dans son pays, une fois qu’il sera “sécurisé” par ces mêmes force amies.

Souhaitons-lui alors de parvenir à accomplir ce qu’il a promis de faire de la Gambie un pays “qui garantisse la liberté et la prospérité à chacun” dans un esprit “démocratique et de réconciliation”. Même si, dans nos vieilles démocraties autrefois coloniales, on sait ce que valent les promesses.

Quoi qu’il en soit, en quittant l’ambassade de Guinée au Sénégal jeudi, Adama Barrow avait lui aussi le sourire…

(photos : Thierry Gouegnon)

Ablaye MBaye, lui, n’a pas quitté le Sénégal. Le chanteur aveugle, qui avait joué avec Disiz La Peste, Kery James ou encore Youssou Ndour, est mort à 35 ans début janvier, dans le studio de Dakar où il enregistrait son prochain – et dernier – album, Intérêt général, qui sortira tout de même le 4 février prochain…