Unification européenne

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“Bande de voleurs !” “Honte à vous !” “Démission !”

Ces cris de colère ne s’adressent pas à un quelconque candidat à l’élection présidentielle française. Je rappelle, au risque de me répéter, que ce blougui a plutôt vocation à porter son regard sur le monde. Même si certaines coïncidences, parfois, me ramènent dans l’hexagone…

Bref.

C’est dans les rues de Roumanie, à Bucarest mais aussi dans plusieurs autres villes, que plusieurs 200 à 300.000 personnes ont manifesté dans la nuit de mercredi à jeudi pendant plusieurs heures. Les plus grands rassemblements s depuis la chute du dictateur Nicolae Ceausescu.

Ce n’est pas rien.

Les Roumains sont en colère contre trois ordonnances gouvernementales limitant le pouvoir des juges et des procureurs dans la lutte anti-corruption. Une manière de donner un coup d’arrêt à une campagne de moralisation de la vie politique qui a entraîné la condamnation et l’incarcération de plus de 1500 hommes politiques et hauts fonctionnaires ces dernières années.

Il était temps en effet de freiner l’ardeur de la justice ; les prisons risquaient de déborder. Et Liviu Dragnea, président du Parti social-démocrate (PSD) condamné à 2 ans de prison avec sursis pour fraude électorale, ne pouvait pas occuper le poste de Premier ministre qu’il avait dû laisser à l’un de ses fidèles, Sorin Grindeanu. Lequel est donc à l’origine de ces décrets qui vont peut être lui faire perdre son poste avec l’amnistie dont bénéficierait son patron. Quel dévouement !

“Je ne comprends par ce qui dérange les manifestants”, a calmement déclaré Liviu Dragnea à des journalistes.

Le président – libéral – Klaus Iohannis n’étant pas vraiment du même avis : “Aujourd’hui, c’est une journée de deuil pour l’État de droit. Le gouvernement a ignoré le rêve de millions de Roumains libres qui veulent vivre dans un pays nettoyé de la corruption. Le contrôle par la majorité au parlement n’est pas un chèque en blanc pour faire n’importe quoi.”

Un nouveau procès contre Liviu Dragnea s’était ouvert mardi, au sujet… d’emplois fictifs. Quand je vous parlais de coïncidences. Avec un préjudice estimé de … 24.000 euros. Petit joueur !

Mais la comparaison s’arrête ici. Car si les Français veulent aussi “vivre dans un pays nettoyé de la corruption” (comme le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker pour lequel “la lutte anti-corruption doit progresser, pas être défaite”, rions un instant…), ils préfèrent pétitionner, tweeter, faire des blagues sur facebook (ou des billets oiseux sur un blougui confidentiel), plutôt que de descendre dans la rue.

Parce que nous sommes modernes ?

N’empêche, j’ai comme l’idée que 600 à 900.000 personnes dans les rues (c’est ce que ça donnerait en proportion des populations roumaine et française), ça aurait de la gueule et sans doute plus d’impact que nos mots d’ordinateur.

Mais c’est plus risqué, et pas seulement à cause du froid, comme le montrent les dernières images de la réaction policière à la colère des manifestants.

(Photos : Daniel Mihailescu, Vadim Ghirda, Octav Ganea, DR)

Elle ne date pas d’hier, mais c’est hier que j’ai découvert cette excellente vidéo du groupe Vama, Sarkozy versus Gypsy, qui date d’il y a quelques années mais qui m’a rappelé quelques souvenirs.