Valeurs communes

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Slide 1

A force de regarder le nombril de nos hommes (et femme) politique en campagne électorale pour les présidentielles, on en oublierait presque qu’on a encore un président, pas tout à fait sorti.

Lequel François Hollande était en fin de semaine dernière à Malte, pour un sommet européen qui n’a pas trop  fait la une des gazettes, pour rappeler à ses 27 collègues (ou 26 ? Theresa May étant déjà privée de déjeuner…) que “l’Europe c’est fait pour être plus forts ensemble”. On croirait un slogan électoral.

Nos braves dirigeants se sont donc engagés à faire bloc face à Trump”, lequel regarde notre continent avec une certaine condescendance et un mépris certain. Et à “aider la Libye”…

Mais n’allez pas croire qu’il est question d’aider les ressortissants libyens privés de droit d’entrée aux États-Unis par le récent décret anti-muslim du président fou. Non. Il s’agit d’aider leur pays à contenir le flot de réfugiés qui aspirent à passer d’Afrique en Europe.

Après avoir payé la Turquie pour qu’elle retienne les migrants à nos portes, on envisage donc d’aider la Libye pour qu’elle les empêche de franchir la Méditerranée. Après un accord avec un gouvernement de moins en moins démocratique, voila donc venu le temps de la coopération avec… pas de gouvernement du tout.

Et dans des conditions bien peu conformes aux grands principes démocratiques.

Vous trouverez ici toutes les autres images du reportage du photoreporter mexicain Narciso Contreras, Libya : A human marketplace. Et vous pouvez lire là une interview où il revient sur ce titre, en expliquant pourquoi et comment “La Libye est devenue un marché d’êtres humains”.

Nos dirigeants européens, qui aiment tant le “marché”, n’ont peut être pas vu ce reportage, pas lu cette interview.

Entendront-ils les protestations, les indignations, les déclarations d’effroi ?

“Conserver des camps en Libye, c’est maintenir les migrants dans des conditions inhumaines et les mettre encore plus en danger”, a déploré Carlotta Sami, porte-parole du HCR.

“Au lieu de proposer une vraie politique d’accueil des personnes qui arrivent sur le sol européen par des voies légales et sécurisées, on renvoie vers leurs persécuteurs des personnes qui ont déjà été extrêmement éprouvées”, s’insurge Françoise Sivignon, présidente de Médecins du monde.

Tous deux cités par RFI.

Françoise Sivignon enfonce même le clou : “L’Union européenne a été soi-disant bouleversée par les décrets de Trump mais notre réponse à nous n’est vraiment pas digne des valeurs européennesPar rapport à Trump on n’a pas su se différencier sur la question migratoire !

Faut-il saluer ce rapprochement avec la politique de Donald Trump ?

Une dirigeante avait quand même prévenu, à la veille du sommet qu’il ne serait possible d’envisager le renvoi des migrants vers la Libye “que lorsque le gouvernement d’union y sera vraiment un gouvernement d’union, qu’il aura repris le contrôle de l’intégralité de son territoire et quand on pourra y parler de respect des droits de l’Homme.”

Merci, oui, Madame Merkel de sauver l’honneur. Obama avait peut être raison de vous faire confiance…

(photo : Narciso Contreras)

Il semble bien loin le “printemps amazigh libyen” dont Dania Ben Sassi fut paraît-il l’icône

Mais la beauté de sa chanson demeure :