Quand on aime…

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“Quand on aime, on ne compte pas”, prétend le dicton.

Mais l’image du jour, de ces deux corps sur une plage libyenne, accompagne un chiffre : 87.

C’est le nombre de migrants retrouvés morts cette semaine sur les rivages de Libye après avoir échoué dans leur tentative de traversée de la Méditerranée. Échoués sur la grève, noyés, étouffés.

2500 autres ont pu être secourus en mer par les organisations qui scrutent les flots à la recherche des ces embarcations de fortune, souvent surchargées, souvent sans moteur.

2, 87, 2500… Qu’importe le nombre. S’il n’y en avait qu’un seul, il serait déjà de trop.

Quand je dis de trop, ne vous méprenez pas : je ne tombe pas d’accord avec ceux qui, de notre (bon) côté de la mer, brandissent l’épouvantail de l’invasion au nom de la misère du monde que nous ne pouvons pas toute accueillir.

Mais c’est vrai que ces deux-là, rejetés sur le rivage, ressemblent assez à des épouvantails.

J’ajoute un dernier chiffre, que vous pourrez resservir à ceux qui sont de plus en plus sensibles aux discours de rejet et de fantasme d’invasion : l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a enregistré l’an passé 85.244 demandes d’asile. À comparer aux 300.000 envisagés en Allemagne (après 1,1 million en 2015). Et il a été pris seulement 19.834 décisions d’accord. À peine un quart !

Quelle invasion ?

Quelle haine !

(photo : DR)

Comme le temps a passé depuis les espoirs révolutionnaires qu’a connu la Libye. Le 12 janvier 2013 à Tripoli, à l’occasion du nouvel an berbère  à Tripoli, Dania ben Sassi chantait Agrawli enagh (Le Révolutionnaire est notre étoile).

Est-ce que dans quatre ans les chants d’espoir seront revenus ?