Hébron, c’est pas le pied !

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Je ne sais pas si c’est une réelle tradition, comme le carême, ou un rituel épisodique.

Toujours est-il que les photographies du jour m’ont étrangement rappelé l’attentat à la godasse” commis par le journaliste Muntadar al-Zaïdi contre George W. Bush  à Bagdad en 2008 (évoqué dans une précédente version d’abcdetc). Sauf qu’à l’époque c’était un cadeau d’adieu et pas de bienvenue. Et que la godasse était lancée contre le président étasunien en chair et en os et pas contre son effigie.

Mais vendredi dernier, Donald Trump n’était pas à Hébron. Alors les manifestants ont exprimé comme ils pouvaient leur colère contre ce nouveau président très pro-israélien.

“Nous sommes ici pour dire à l’administration Trump que nous existons, que nous avons les mêmes droits que tout le monde. Nous n’avons pas de respect pour ce président qui ne nous considère pas comme égaux avec tous les autres êtres humains”, a expliqué l’un des manifestants au correspondant sur place de l’AFP.

Lequel correspondant rappelle dans son article que “la manifestation a été organisée pour commémorer l’anniversaire du massacre commis le 25 février 1994 par un Israélien, Baruch Goldstein, qui avait tué à l’arme automatique 29 Palestiniens et en avait blessé plus de cent à l’intérieur du Caveau des Patriarches”.

Propos repris sur le site suisse Romandie et reproduits à l’identique dans le Times of Israël, qui a cependant tronqué la conclusion concernant la colonisation d’Hébron par “500 colons israéliens [qui] vivent retranchés sous haute protection de l’armée israélienne au milieu de 200.000 Palestiniens” et autres détails sur cette occupation illégale, que les lecteurs israéliens n’ont sans doute pas besoin de connaître.

Suisses et Israéliens ont également conservé le même titre, toujours à un détail près. “Heurts entre manifestants palestiniens et soldats israéliens à Hébron”, titrent les Helvètes quand les Hébreux remplacent incidemment “manifestants” par “émeutiers”.

Mais c’est juste une question de point de vue, plus ou moins neutre.

À propos de point de vue, si j’ai trouvé sans trop de problèmes de nombreuses photos des lancers de godasses, ma collecte d’image des “heurts” a été beaucoup plus laborieuse.

Peut être parce que le lancer de pierre en Palestine n’a rien d’original.

Ou à cause d’une certaine intimidation ?

Pour éviter une nouvelle “affaire” Elor Azaria ?

(Photos : Abed Al Haslhamoun, Hazem Bader, Nasser Shiyoukhi, Mussa Issa Qawasma)

Le dire avec des godasses ou le dire avec des fleurs ? Tout dépend du message.

Love is not the answer, par la talentueuse Sophie Hunger, qui écorne un peu ici le principe de neutralité suisse.