Les flambeurs des cendres

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Excusez-moi si je me (vous) mélange dans le calendrier.

Jeudi dernier, j’ai évoqué (avec un peu de retard) le mercredi des cendres. Et c’est ce week-end que j’ai trouvé l’image que je vous propose aujourd’hui. Qui a donc été prise mercredi.

La légende m’apprend que le type numéroté 1632 s’appelle Gregg Maloney et que le type qui copie sur son écran, à sa gauche et donc à droite sur votre propre écran, s’appelle Michael Pistillo. Mais à vrai dire, on s’en moque un peu.

Ce qui m’a interpelé, c’est que Gregg et Michael arborent tous deux une magnifique tache de cendres sur leur front. Ce qui prouve que cette coutume est encore suivie en dehors des professionnels de l’église. Puisque ces deux-là sont traders à la bourse de New-York, connue aussi sous son petit nom de Wall Street. Nom qui provient, soit dit en passant, d’un mur construit au XVIIe siècle par les Néerlandais qui vivaient là et qui voulaient se protéger des indiens Lenapes et des colons britanniques (merci wikipedia). Comme quoi les murs de protection contre “les étrangers” ont une histoire ancienne aux États-Unis.

Bref.

Je pensais jusqu’ici que les boursicoteurs n’adoraient qu’un seul dieu, l’argent. Je sais maintenant qu’ils observent certains rites chrétiens. De là à croire à ce qu’ils croient…

N’empêche que mercredi la bourse étasunienne a battu des records, le Dow Jones dépassant même pour la première fois de son histoire les 21.000 points.

Je ne veux pas … croire qu’il puisse s’agir d’une récompense accordée à ces bons fidèles. Parce que si c’est le cas, j’espère – une fois encore – que Dieu a une bonne excuse. Un mot signé de ces parents s’imposerait même… Mais ces résultats spectaculaires, même s’ils doivent plus au discours présidentiel de Donald Trump et autres spéculations sur la suite de son action qu’à une intervention divine, me semblent plus de nature à encourager la poursuite des opérations spéculatives qu’à “changer de conduite sous la cendre et le cilice” (initialement Immutemur habitu in cinere et cilicio), ainsi que le conseille un hymne du moyen-âge. Peu de temps avant l’érection du mur ?

Pour ma part, je doute chaque jour davantage. Mais ne comptez pas sur moi pour adorer le veau d’or !

(Photo : Richard Drew)

Si j’ai des doutes sur la présence d’une once de foi dans l’esprit des traders new-yorkais (et de leurs semblables du monde entier…), j’ai été agréablement surpris, en entendant pour la première fois Loyle Carner à la radio, de la dose de gospel qu’il a mise dans son rap. Une des explications du succès fulgurant du jeune … Britannique ?