C’est pas du jeu

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Les jours se suivent et se ressemblent, prétend je ne sais quelle “sagesse populaire”. Les billets et les photos aussi, parfois.

Il y a 8 jours, j’avais été interpelé par une image de deux fauteuils roulants, abandonnés par leurs occupants dans leur fuite depuis Mossoul. Il y a peu de chances que ce soient les mêmes que celui que l’on voit sur la première image du jour.

Et ces images me mènent au-delà de l’interpellation.

Je ne m’habitue pas à la violence de ce monde. Comme à la connerie de la guerre qui semblent tellement plaire aux hommes qui la font.

Et voyant ces photographies des habitants de Mossoul en fuite, avec en arrière plan leur ville dévastée, inhabitable, je relis, stupéfait, l’article qui les accompagne sur la re-prise de leur ville, et surtout cette citation du général américain Matthew Isler, de l’US Air Force, évoquant les combattants de Daech : The game is up. They have lost this fight and what you’re seeing is a delaying action.” (“La partie est jouée. Ils ont perdu ce combat. Et ce que vous voyez n’est qu’une action pour retarder.”)

Je ne parviens pas à voir le jeu, la partie qui se joue. Et j’ai l’impression que tout le monde a perdu, même si la ville finira par être reprise. Les douleurs subsisteront, la peur sans doute chez les habitants qui auront tout perdu, même la confiance. Et la haine sûrement, parmi les combattants de l’État islamique qui parviendront à fuir la souricière qu’on prétend leur tendre. Ou leurs collègues d’autres pays, sur d’autres “fronts”, comme à l’hôpital de Kaboul hier.

Alors…

Je sais qu’on me taxera de bien-pensance. Mais au moins, je pense. Dans un monde qui me semble agir si souvent uniquement par réflexe.

Un monde qu’il m’arrive d’avoir envie de fuir. Sans savoir où aller. La prochaine fois, je penserai aux habitants de Mossoul, fuyant l’enfer.

(Photos : Suhaib Salem, Zohra Bensemra, Goran Tomasevic)

Elle est devenue l’icône des printemps arabes et de la révolution de jasmin tunisienne, avec sa chanson Kelmti Horra (Ma parole est libre). Mais Emel Mathlouthi a un registre plus vaste que son seul engagement. En témoigne son deuxième album, Ensen, qui signifie humain en arabe.

Je vous propose deux version de la chanson Ensen Dhaif (Humain sans espoir) pour vous donner un double aperçu de son talent. (Et pour me rattraper de la … d’hier).