Ça n’fait rien

Slide 1

“Vouloir être de son temps, c’est déjà être dépassé.”

La citation du jour est d’Eugène Ionesco, un type qui a réussi à gagner sa vie avec l’absurde. Ce qui prouve qu’il était en avance sur son époque. Quant au titre du jour, j’y reviendrai.

Les mots de Ionesco me reviennent souvent en mémoire, et de plus en plus à mesure que je prends de l’âge et que je perds la mémoire. Et plus le temps passe, plus je résiste à l’impératif de progrès, qui me paraît un outil au service d’une société de surconsommation capitaliste, bien davantage que le capitalisme est un facteur de progrès social.

Mais c’est une opinion que je partage avec d’autres qui en parlent mieux que moi (même si j’ai un peu de mal à finir leurs bouquins…)

Bref.

Je ne suis plus tellement sûr d’avoir envie de suivre le rythme des mises à jour permanentes qu’impose mon époque hyper-technologique et hyper-connectée, même si j’y suis contraint encore dans tellement de circonstances (imaginez par exemple que je gère une page facebook dans le travail qui me paye) et qu’il est des évolutions incontournables. Voire bénéfiques.

Ainsi, depuis le temps que j’y pense, il serait grand temps que je mette un petit coup de neuf à la maquette de ce blougui, pour en améliorer certaines fonctionnalités, développer quelques liens vers l’extérieur, me séparer de la technologie flash (obsolète et pourtant tellement encore d’avant-garde et toujours sans équivalent), rendre sa lecture plus aisée sur les appareils mobiles, même si franchement, concernant ce dernier point, je trouve que les photos que je vous propose sont ridiculement petites sur un écran de téléphone.

Et si ce n’est pas encore fait, c’est à cause d’un mélange de procrastination et de perfectionnisme, qui ne simplifie pas mon quotidien.

Mais – et j’arrive à la photo du jour – quand je vois la mine dubitative d’Angela Merkel devant la présentation d’un robot à la foire technologique (CeBIT) de Hanovre et le rire de son commensal, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, je réagis en me disant que je n’ai ni l’envie de ressembler à l’une ni celle de faire rire comme l’autre.

Alors, même si je n’aime pas les sushis et que je ne vois pas vraiment l’intérêt d’un robot pour les servir, je me dis que je vais bientôt agir.

Promis ! (Bon, vu la période, vous n’êtes pas obligés de croire aux promesses…)

(Photo : Jens Meyer)

Le titre du jour a été inspiré par une chanson de Daniel Guichard, Je n’fais rien (je m’repose), que vous pouvez réécouter ici, pour apprécier le jeu de mots à partir du refrain (“j’ai pas d’sous mais j’ai pas d’sushis”) ou ce couplet d’actualité :

“Tout près de la concorde j’ai rencontré mon député
Qui faisait quelques pas histoire de digérer
J’ai dit la politique c’est un drôle de métier
Il m’a dit : c’est pas à moi d’en décider.”

Et à propos de sushis et de limites technologiques, je n’ai pas réussi à vous trouver une vidéo convenable de Skulaa tai delaa par Tuomari Nurmio, que j’ai découvert dans la superbe bande annonce du magnifique film d’Aki Kaurismäki, L’Autre côté de l’espoir, qui passe peut être pas loin de chez vous.

Mais cette chanson-là n’est pas mal non plus.

Allez voir quand même le film pour comprendre cette histoire de sushis…