Parfaitement !

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J’allais introduire le billet du jour avec une citation extraite de Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch) quand, en vérifiant mes propres sources, j’ai réalisé que le premier billet de ce blougui datait du 1er avril… 2009. Huit ans donc ! Alors, pour rester dans l’ambiance Billy Wilder et Marilyn Monroe, j’ai juste choisi un titre évoquant Certains l’aiment chaud (Some Like It Hot) qui n’a pas forcément de rapport avec la suite.

Quoi que…

Ce décalage temporel me prive également d’une allusion au septennat devenu quinquennat et d’une transition vers les élection présidentielles…

Car on votait ce dimanche pour les présidentielles.

En Équateur, où le second tour voyait s’affronter Lenin Moreno, successeur désigné de Rafael Correa, et Guillermo Lasso, ancien directeur de banque et ministre des Finances (ça vous rappelle quelque chose ?) qui pourrait bien l’emporter et mettre fin à 10 années socialisme…

Et en Serbie, où 11 candidats étaient en lice pour le premier tour (ça vous rappelle quelque chose ?) où le Premier ministre Aleksandar Vucic grand favori des sondages.

Sondages qui donnaient en troisième, voire en deuxième position, Luka Maksimovic, un jeune étudiant en communication de 25 ans, qui se présente sous les traits d’un personnage fictif nommé Ljubisa Preletacevic, alias “Beli”. Le nom peut se traduire par “celui qui change de camp comme de chemise” et le surnom signifie “blanc”. Un homme politique serbe classique : véreux, malhonnête, et qui ne tient pas ses promesses, affirme Luka Maksimovic, qui justifie sa blague par l’ambiance délétère de la politique de son pays :

“Nous sommes une génération oubliée, née juste avant, pendant ou après les guerres des Balkans. Nous avons grandi dans le chaos, sans perspective d’avenir. Les mêmes décident depuis 30 ans de notre destin. Ça suffit…”

Ça vous rappelle quelque chose ?

Les électeurs serbes paraissent partager sa lassitude, puisque Luka Maksimovic a réussi à réunir les 13.000 parrainages de citoyens pour présenter sa candidature et qu’il pourrait figurer en deuxième position. Et donc au second tour si Aleksandar Vucic ne l’a pas emporté dès hier. (Je vous tiendrai au courant des résultats…)

“C’est une satire, mais finalement, les gens ont adhéré à mon personnage”, remarque “Beli”. “Les politiques devraient se demander ce qu’ils ont apporté à ce pays pour qu’un personnage fictif se présente à la présidence et que les gens veuillent voter pour lui. Cela montre qu’il y a quelque chose qui ne va pas.”

Ça… Non, la comparaison s’arrête là. Chez nous, celui qui dénonce la “vieille politique” n’a rien de drôle et rien d’un clown. Mais c’est vrai qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

(Photos : Andrej Isakovic, Darko Vojinovic, Antonio Bronic, Johanna Kakissis)

PS : Sans surprise, le Premier ministre, Aleksandar Vucic, a remporté dès le premier tour la présidentielle avec près de 55% des voix. Le deuxième, Sasa Jankovic, en obtiendrait 16%. Et Luka Maksimovic, alias “Beli”, termine troisième à 9,3%. Ce qui fait quand même beaucoup de monde qui partage ses doutes sur la démocratie serbe.

En France où ces doutes sont partagés, on peut imaginer qu’à défaut de candidat pour l’incarner, beaucoup d’électeurs choisiront quand même de voter… blanc. 9,3% ?

En attendant de donner de la voix dans trois semaines, je vote Beli. Ne serait-ce que parce qu’il m’a épargné de longues recherches pour trouver la musique du jour.

Voici donc son clip de campagne :