Place du Concorde

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“On ne parle pas de concorde dans la maison d’un imbécile pendu.” Francis Blanche

L’exergue du jour vaut ce qu’elle vaut, mais elle convient assez bien à la chute.

Ce n’est sans doute pas demain la veille que la France va retrouver la concorde. D’abord parce que demain  n’est que la veille de premier tour d’une élection qui n’a pas fini de nous diviser, non plus en deux mais en quatre. Et que je doute que le second tour, quel qu’en soit le vainqueur, se fête place la Concorde, trop marquée par Sarkozy. Et Mireille Mathieu.

Bref. Revenons au monde…

En découvrant les photos du jour chez mes confrères anglais, j’ai marqué un temps d’arrêt, me demandant si la fabrication du Concorde (avec une majuscule) avait repris de l’autre côté de la Manche, comme un effet collatéral du brexit ou un nouvel avatar d’une époque technologiquement et écologiquement délirante.

En fait, ce déshabillage du Concorde 216, le 20e et dernier d’une courte série, s’est déroulé cette semaine à Bristol, où le joujou avait été mis à l’abri sous film plastique durant les travaux de finition du futur musée de l’aviation dont il sera l’une des principales attractions.

Ouf !

Je ne crois pas que je ferai le voyage pour éprouver une quelconque nostalgie en pensant au bon vieux temps d’une France inconsciente et parfois un peu mégalomaniaque, ne doutant pas un instant de sa puissance et du “progrès”. De cette époque terminale des “30 glorieuses” et de quelques aventures industrielles foireuses nous reste sur les bras un parc nucléaire, qui me permet certes de vous adresser ce billet mais qui n’a pas fini de nous inquiéter. Et de nous coûter… En espérant rien de pire.

En fait, j’avais croisé le images sans y prêter plus d’attention, quand un autre relent des années 70 est a fini par émerger.

Je dois remercier ici Benoît Hamon, le candidat de moins en moins d’un PS qui le soutient si peu, mais qui porte sans doute quand même le boulet de la dérive libérale de son parti et la conscience que ce parti n’est vraiment pas de gauche. Lequel candidat a visé mercredi soir, dans son dernier meeting Emmanuel Macron, l’héritier (pas encore tout à fait) désigné de François Hollande et pourtant assez paradoxalement favori des sondages (et de la caste médiatique…), en raillant “sa novlangue” et son “marketing creux” qui vise, selon lui, à vendre aux Français du “giscardisme relooké”.

Bon sang, mais c’est bien sûr !

Je me disais bien depuis un bon moment, mais on se sent tellement moins seul quand quelqu’un qui a (un peu) plus d’audience confirme l’intuition. Oui, il n’y a pas besoin d’avion (renifleur ?) pour voir que ce type ni de droite ni de gauche et tout ça à la fois est juste un libéral bon teint dans la lignée de celui qui fut notre plus jeune président. Et dont j’espère qu’il conservera ce record…

Et que le monde m’excuse pour avoir laissé mon regard se détourner un peu.

(Photos : David Hedges)

Quels que soient les efforts du nouvel “homme du passif” et libéral bon teint pour se poser en homme du renouveau et rassembleur, il est aussi peu crédible en représentant de la gauche que ne le furent ses prédécesseurs du couple infernal Hollande et Royal.

Alors que les Canadiens du Souljazz Orchestra, mélangeant afrobeat et jazz, saupoudrant le tout de quelques autres rythmes d’ici ou là, le sont.

Le talent ça ne se commande pas plus que la sincérité…