Garder le sourire ?

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“On assiste à la dégradation […] la plus rapide au monde”

Non, je ne parlerai encore pas de la situation dramatique dans une des plus vieilles démocratie du monde où la démagogie (c’est la même racine étymologique, mais quand même…) est à la porte du pouvoir.

Car la citation complète est : “On assiste à la dégradation humanitaire la plus rapide au monde.” Et elle concerne le pays le plus jeune du monde, le Soudan du Sud, plongé dans une situation sur laquelle les organisation internationales comme les ONG ne cessent de tenter d’attirer l’attention et d’alerter le monde. Comme ici Mahimbo Mdoe, le représentant de l’Unicef pour ce pays dévasté.

100.000 personnes touchées par une famine qui en menace 1 million d’autres parmi 6 millions en “insécurité alimentaire”. Soit plus de la moitié de la population totale du pays, qu’un million et demi de personnes ont fui pour se réfugier en Ouganda, au Kenya ou en Éthiopie. Et où 1,9 millions vivent dans des camps de réfugiés !

Comme ici, à Maban, où trois fois par semaine des volontaires du Service Jésuite des Réfugiés viennent masser les enfants, pour maintenir leur corps en éveil et aussi les aider à évacuer le stress et l’angoisse. Soigner les corps et les âmes.

Mais cela ne suffira pas. Pour faire face à la catastrophe annoncée (et depuis le début de l’année) Mahimbo Mdoe chiffre les besoins à “181 millions de dollars pour 2017” déplorant que “à ce jour, nous n’avons réuni que la moitié de la somme”.

Et pendant ce temps, le gouvernement du président Salva Kiir continue de vendre son pétrole pour … acheter des armes ! Et une résolution de l’ONU pour un embargo sur les ventes d’armes a été rejetée en décembre dernier.

Alors, je regarde le sourire de l’enfant et de l’homme qui le masse. Et je ne parviens pas à être moi-même libéré du stress, de l’angoisse.

De la colère aussi.

Vaine, je sais…

(Photo : Albert Gonzalez Farran)

Je vous proposais hier d’écouter Dom La Nena. La revoici aujourd’hui, dans le duo qu’elle compose avec Rosemary Standley, pour une interprétation tellement belle et de circonstance d’une chanson d’avant la démocratie moderne, O Solitude d’Henry Purcell sur un texte de la poétesse anglaise Katherine Philips.