Bon appétit

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Quand l’appétit va, tout va… (Souvenir de 1968)

Si je me souviens davantage d’Astérix et Cléopâtre que du mois de mai de l’année de sortie du film, je n’ai pas oublié le Biafra qui s’invitait dans les journaux télévisés la même année.

Et des images de ces enfants mourant de faim pendant que je chouinais sur mes endives au jambon. Dont je me demandais comment les partager avec eux.

Un demi-siècle plus tard, rien n’a vraiment changé. Des enfants meurent encore de faim sur notre planète imparfaitement mondialisée, les ONG se sont multipliées pour leur venir en aide, comme les images qui ne nous touchent que le temps d’un passage sur nos multiples écrans. Avant de passer à autre chose.

Et je n’apprécie toujours guère les endives au jambon.

Parmi les associations que j’apprécie davantage, figure en bonne place Oxfam, dont les militants, à chaque rencontre des « grands » de ce monde, tentent de nous alerter, de nous sensibiliser, de nous mobiliser.

Comme jeudi dernier à Giardini-Naxos, à quelques kilomètres de Taormina où se réunissaient les dirigeants du G7, les pays les plus « puissants » du monde. Mais loin du monde. Comme des migrants qui avaient été priés de débarquer au large. Et de ses problèmes bien peu préoccupants pour ces personnages d’importance.

Dont les touristes photographient les marionnettes, pour les ranger au milieu de leurs selfies de plage. Les confiant aux mémoires informatiques pour mieux alléger leur mémoire humaine ?

J’ai parfois l’impression que la fin du monde n’a pas laissé de traces dans nos esprits. Comme le Biafra et mai 68 ?

Allez…

On sait bien qu’il n’y en a pas pour tout le monde : de la nourriture, du travail, de l’argent, du pouvoir, du bien (et du savoir) vivre.

C’est quand même pas ça qui va nous couper l’appétit.

(Photos : Dylan Martinez, Tony Gentile, Luca Bruno)

Un sommet des grandes puissances sans inviter ni les Chinois, ni les Indiens ; c’est limite.

abcdetc ne peut corriger toutes les erreurs diplomatiques du monde.

Le groupe argentin Chancha Via Circuito explore les musiques de son continent et les revisite à coups de sons électro-acoustiques. Et en les entendant dimanche dernier à la radio, j’ai cru un moment être arrivé en Inde.

Tout le monde peut se tromper.