Ça et là

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« Difficile de parler quotidiennement des bombes qui explosent ça et là dans les régions de conflit… »

La phrase d’introduction du jour n’est pas une nouvelle excuse du tenancier de ce blougui, qui ne couvre qu’un événement par jour et essaye quand même de donner de temps en temps de la place au sourire. Non. Ce sont les premiers mots prononcés par mon confrère de France-Inter relatant dans son journal de 13 heures l’attentat qui s’est produit à Kaboul ce matin même.

Une information passée en 30 secondes chrono, sur une demi-heure d’antenne. Soit selon le dernier bilan – encore provisoire – de 90 morts, un tiers de seconde par victime.

C’est peu.

Il faut dire que l’Afghanistan c’est loin. Et qu’il n’y avait pas de Français parmi les victimes… Et que si on devait parler de tous les attentats de Kaboul, ça prendrait du temps (précieux) d’antenne.

Et qu’avant d’évoquer cet attentat, ordinaire en pleine saison d’offensives talibanes, mon confrère devait traiter de :

  • La surexposition aux écrans et la menace qu’elle représente pour le développement psychologique des jeunes enfants (et des autres addicts d’une surinformation finalement toute relative ?)
  • L’affaire Ferrand qui ne serait qu’un débat sur les investissements immobiliers fructueux (et gageons que les loyers des ambassades et autres implantations occidentales vont encore augmenter à Kaboul)
  • La pénurie d’essence qui menace notre pays à cause de la grève dangereux transporteurs de matières tout aussi dangereuses (voir l’explosion du camion de leur confrère près de l’ambassade d’Allemagne)
  • Le baromètre « Voltaire » qui mesure nos connaissances et nos lacunes en orthographe et grammaire (comme l’emploi intempestif de ça et là ?)

Juste avant les 30 secondes sur Kaboul, ma radio nationale diffusait 1’30 de témoignage d’une pauvre mère jugée pour infanticide après avoir mis son nouveau né au congélateur et qui avait « tant de mal à s’exprimer ».

Ce soir, moi aussi j’ai du mal…

On passe à la météo ?

(Photo : Shah Marai)

Ma radio nationale propose aussi parfois de biens beaux moments.

J’ai ainsi passé vendredi dernier une heure en compagnie d’Ala.ni, qui a même interprété quelques titres en direct. Mais comme France-Inter ne m’en propose pas l’enregistrement vidéo, j’ai trouvé la  chanson Roses and Wine chez mes confrères du … Figaro. Comme quoi, le pire n’est jamais sûr.