Croire

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“Je l’ai pas fait exprès…”

Parmi les phrases toutes faites que je déteste en général, il y a celle-ci qui me hérisse particulièrement, souvent utilisée par les enfants – mais aussi par des plus grands, j’en connais – pour ne pas dire pardon.

Mais pour le coup, je jure que c’est une coïncidence si je vous propose aujourd’hui des images d’iftar, au lendemain de la participation “du président de la République, M. Emmanuel Macron, ainsi que […] du ministre de l’intérieur, M. Gérard Collomb”, à cette réception de rupture du jeûne hier soir à Paris. C’est juste qu’en tapant “Ramadan” dans un moteur de recherche, c’est le premier résultat qui m’est tombé dessus.

Bref.

Les images du jour n’ont pas été prises à Paris hier soir, mais dans la banlieue de Damas ce week-end.

Ni le président de la République local, Bachar el-Assad, ni son ministre de l’intérieur, Mohammed Ibrahim al-Chaar, n’ont assisté à cette rupture de jeûne du ramadan (iftar). Mais une trêve dans les bombardements a permis ce rassemblement, organisé par l’ONG syrienne Syrian Adaleh Foundation et auquel ont pris part plusieurs centaines de personnes.

Dans un décor de cataclysme où l’on se demande comment l’on parvient à survivre.

Les participants, dont j’ai trouvé ici ou là quelques témoignages, ont fait part de “leur profonde émotion” et les témoins, journalistes ou photographes, ont salué le courage de personnes qui, “dans des circonstances difficiles, s’accrochent à la vie et donnent des leçons en persévérance”.

Je suis resté un instant méditatif devant la leçon. Me demandant si, vraiment, la foi dont on prétend qu’elle soulève les montagnes pouvait aussi faire disparaître les ruines. Au moins le temps d’un repas de fête partagé.

Et moi qui espère régulièrement que Dieu à une bonne excuse, je lui ai accordé le bénéfice de mon doute avec comme une certitude qu’il ne l’a pas fait exprès.

(Photos : Hamza Al-Ajweh, Mohammed Badra, Bassam Khabieh)

Il est difficile de penser à la Syrie et ceux qui y habitent vaille que vaille sans penser à ceux qui s’en sont enfuis, contre leur gré faut-il le rappeler, et qui rêvent sans doute autant d’un accueil paisible là où ils échouent que de revenir un jour à la maison.

Country roads, take me home
(Routes de mon pays, amenez-moi à la maison)
To the place, I belong
(À l’endroit, auquel j’appartiens)

Ce sont les premières paroles du refrain de cette chanson de John Denver, reprise ici pas quelques musiciens de Playing for Change.

Tout un programme. Et une introduction à cette journée de fête de la musique, que je vous souhaite joyeuse…