La photo était belle

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C’était hier, dimanche soir.

Je parcourais les galeries de mes confrères à travers le monde, voulant échapper aux images de mort et de désolation, quand j’ai trouvé l’image du jour dans la sélection hebdomadaire du New York Times.

La photo était belle. Elle l’est toujours. La légende qui l’accompagnait décrivait deux enfants jouant devant la maison des Anne, à Tongo au Sénégal. Et ajoutait que deux frères de la famille, Amadou et Gibbe, étaient morts en mer en tentant de rejoindre l’Europe. Avant de me renvoyer à un article de Dionne Searcey et Jaime Yaya Barry, illustré d’autres photos de Xaume Olleros et titré : Why migrants keep risking all on the ‘deadliest route’ ?

J’ai lu l’article. J’ai gardé la photo.

Au Sénégal, l’un des pays les plus riches d’Afrique, 47% de la population vit dans la pauvreté selon la Banque mondiale. Et l’espoir de la traversée vers l’Europe demeure celui d’une vie meilleure. Pour ceux qui partent et ceux qui restent.

L’espoir d’une vie meilleure au risque de la perdre. Il furent plus de 5000 à se noyer en Méditerranée l’an passé. Déjà plus de 2000 depuis le début de l’année.

J’ai pensé avec un peu de honte à ma vie meilleure d’occidental que je ne sais pas toujours apprécier à sa juste valeur. Cet occident que je ne trouve pas toujours enviable.

La photo est toujours là. Elle reste belle. Comme la vie…

(Photo : Xaume Olleros)

De la lune à Tongo dans le sud du Sénégal à Navajo Moon.

Depuis son premier passage ici en 2013, Ana Popović est déjà revenue à deux reprise dans cette rubrique. Mais après avoir passé une bien belle soirée en sa compagnie au palais Idéal du facteur Cheval samedi soir, comme jamais deux sans trois, que quand on aime on ne compte pas et que (entre autres raisons que je n’ai pas à donner) le blues convient à mon humeur d’occidental fatigué qui ne va quand même pas se plaindre d’avoir assisté à deux concerts dans la semaine, l’un plein de mélancolie et l’autre débordant de blues :