Le cri du papillon

Slide 1

“Before I sink
Into the big sleep
I want to hear
The scream of the butterfly”
The Doors, When the music’s over

Hier, c’était l’Aïd el-Fitr, qui marquait la fin d’un ramadan particulièrement éprouvant en période de canicule et de journées interminables. Pendant les 40 jours écoulés, chaque matin où j’arrivais (tôt) au travail qui me paye (et me pèse), j’ai pris des nouvelles de la femme de ménage qui arrivait encore plus tôt que moi, sans avoir rien avalé et qui se préparait à traverser encore une – dure – journée de jeûne. Lui conseillant chaque fois, n’ayant pas trouvé de phrase plus originale, de “prendre soin d’elle”. Et ajoutant, de manière plus personnelle, que Dieu ne désire pas nous faire souffrir.

Je reste si souvent tellement étranger à l’idée religieuse.

Hier donc, c’était l’Aïd el-Fitr. Et quand je suis arrivé, la femme a souri, soulagée, quand je lui ai dit que ouf, c’était enfin la fin de ces longues journées. Puis elle a couru me chercher les gâteaux qu’elle m’avait préparés.

Et j’ai été ému. Un simple geste, un geste simple, dans cet endroit où les journées sont longues et parfois bien rudes, même hors ramadan. Un don de gentillesse.

J’ai embrassé la femme de ménage pour la remercier et j’ai offert quelques gâteaux aux personnes autour de moi. Pour le partage…

Je n’ai pas la solution pour vous en offrir en téléchargement (ça viendra un jour). Alors je partage avec vous ce geste de douceur sucrée venu mettre un peu d’apaisement. Qui ne change rien à cette envie de partir ailleurs, de respirer davantage, d’échapper à l’hypocrisie ou l’injustice qui m’étouffent parfois, là-bas aussi.

Douceur, apaisement et léger souffle d’air. Qui ne change rien mais évoque le possible du simple. Comme ne change rien, malgré la croyance, le battement d’aile du papillon. Pourtant indispensable pour ne pas étouffer, pour changer le monde imperceptiblement pour qu’il reste supportable.

Bref.

Quelques pensées de traverse en trouvant cette image en provenance de Gaza, où l’enfant aux ailes de papillon se tient parmi les femmes en prière au soir de l’Aïd el-Fitr.

Et le souffle d’espoir – toujours – qu’elle accompagne.

(Photo : Khalil Hamra)

Il faudra sans doute plusieurs battements d’ailes pour que change enfin le monde vers plus de sourire et moins de souffrances. Simplement.

Plus d’agitation.

Чаа-Холь (Chaa-Khol), extrait d’Agitator… le récent album que le groupe Hartyga, nous envoie depuis la république de la fédération de Russie, Tuva, au cœur de l’Asie.