Birman Typewriter

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Le typographe tient à l’œil les mauvais caractères.

Parmi les quelques milliers de caractères à ma disposition dan mon travail quotidien de graphiste (qui me paye) figure l’American Typewriter (inventé en 1974), que Maximilien Vox aurait classé dans la famille des Mécanes et Francis Thibaudeau et dans celle des Égyptiennes.

Tout ça pour expliquer le titre du jour.

Cette police (qui ressemble à la nouvelle utilisée dans ce blougui) reprend les formes des caractères de machine à écrire de jadis. Ou d’aujourd’hui, ai-je découvert avec cette série d’images en provenance de Birmanie.

À Rangoon, des dactylographes de rue travaillent sur des machines qui ont, pour certaines, plus de 50 ans et qui fonctionnent encore. Et que certains savent réparer.

Pour 1000 kyats (environ 65 centimes) la page, ils remplissent les documents officiels et autres contrats (d’affaires ou de mariage) à raison de 10 à 15 pages par jour.

Je vous laisse faire le calcul du nombre de jours de travail nécessaires à l’investissement dans une machine (d’occasion) à 100.000 kyats (65€). Ou vous interroger sur l’utilité, dans un époque connectée et moderne (où certains ont même deux téléphones parce qu’ils ont deux oreilles et deux alliances, de machines d’un autre siècle.

Pour la première question, la réponse varie entre 6,6 et 10 jours. Pour la seconde, il est peut être bon de préciser que la moitié de la population birmane n’a pas accès à l’électricité. Comme encore plus d’un milliard de Terriens.

Dans un monde qui croit encore au développement durable sans se soucier de l’épuisement de ses ressources, ou qui compte sur le nucléaire pour lutter contre le réchauffement climatique (à condition que les Nigériens restent pauvres et que le couvercle de l’EPR ne nous saute pas à la gueule), je m’interroge pour ma part sur l’avenir réel des nouvelles technologies tellement énergivores que le “numérique”,  qui consommerait déjà de 10 à 15% de l’électricité de notre planète hyper-connectée, pourrait doubler cette part dans les dix années qui viennent.

Je vais d’ailleurs continuer à réfléchir une fois déconnecté. Le nombre de visites (confidentiel) sur ce blougui est dérisoire et minore par conséquent l’impact énergétique et le bilan carbone d’abcdetc, mais me permet d’envisager la production de mes billets à la machine à écrire. Quelques feuilles de papier … carbone suffiront à satisfaire la demande.

Je vais chercher une solution pour l’intégration des images et de la musique.

(Photos : Tin Htet Paing, Taylor Weiman)

Pour une fois, la musique du jour est complètement en rapport avec ce qui précède. En cherchant au petit bonheur une chanson de circonstances, je suis arrivé jusqu’à The Typewriter, un morceau d’anthologie composé par Leroy Anderson en 1950, et toujours d’actualité…

Avec :

  1. Les musiciens solidaires de Voces para la Paz et soliste Alfredo Anaya
  2. Jerry Lewis, qui m’a tout à coup rappelé où j’avais déjà entendu ce morceau
  3. Liberace, un autre excentrique
  4. Maria Nefeli Ambatzis dans la Vaudeville Review à Athènes, où l’on ne rigole pas tous les jours
  5. Le Beer Sheva Concert Band, en Israël, où certains ne rigolent pas non plus
  6. Le batteur italien Andrea Vadrucci (Vadrum)
  7. Laura Trompetter dans une émission de la télé néerlandaise, accompagnée par l’Orkest van het Oosten, sous la direction de la … chanteuse Leona Fillipo, qui prouve (une fois encore) que l’orchestre s’en sort très bien sans chef
  8. Les Muppets, pour doubler les souvenirs
  9. Gilbert Bécaud, pour compléter la mosaïque, dans une chanson de 1957, dont je n’ai trouvé aucune reprise