Et ils eurent beaucoup d’enfants ?

Slide 1
Slide 2

Envisagé à l’origine pour paraître hier, lundi, cet article a été retardé pour cause de moutons et de flemme dominicale.

Mais il reste d’actualité. Avec même un peu d’avance, puisque je souhaitais y rendre hommage à Simone Veil, dont les obsèques nationales n’auront lieu que demain.

Bref.

À la grande joie des personnes concernées (et abcdetc a respecté la parité en trouvant deux photos prises devant la Porte de Brandebourg), le Bundestag a adopté vendredi la loi qui autorise le mariage homosexuel, rejoignant ainsi les 13 pays européens (dont 11 membres de l’Union européenne) reconnaissant l’union entre personnes de même sexe : les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (2003), l’Espagne (2005), la Suède (2009, la Norvège (2009), le Portugal (2010), l’Islande (2010), le Danemark (2012), la France (2013), la Grande-Bretagne (Angleterre et Pays de Galles en 2013, Écosse en 2014), la Finlande (2014), le Luxembourg et enfin l’Irlande (2015).

Pour le coup, les Allemands ne sont pas l’exemple avec lequel on nous bassine régulièrement. Quoi que.

Le volte-face d’Angela Merkel, d’abord opposée à la légalisation avant de pousser une loi adoptée en 5 jours, ne témoigne pas seulement de son efficacité gouvernementale. Elle semble aussi le fruit d’un certain calcul politique, en privant le Parti social-démocrate (SPD) d’un point fort de son programme en vue des prochaines législatives du 24 septembre.

Dans une époque où la valeur mariage est à la baisse autant que les “valeurs de gauche”, il est tout aussi étrange de constater que les homosexuels viennent au secours de cette institution (de manière encore marginale) qu’un peu pathétique que le mariage homo soit devenu l’un des derniers marqueurs idéologique du clivage droite-gauche. Pour ma (modeste) part, je trouve finalement aussi triste l’adhésion d’une communauté, jadis rebelle et subversive (je n’ose écrire insoumise) à l’un des symboles les plus fort du traditionalisme et du conformisme  que le fait qu’une question “sociétale” soit tout ce qui reste à la “gauche” pour défendre une alternative idéologique.

Je schématise, je sais.

Mais j’en viens à Simone Veil.

Laquelle, qui restera dans les mémoires pour sa défense courageuse du droit à l’avortement, sut aussi à l’occasion défendre le progrès social. Comme en témoigne son discours d’investiture à la présidence du Parlement européen le 17 juillet 1979, il y a près de 40 ans, dans lequel elle appelait à une “Europe de la solidarité” qui s’attache à ce que “soient réduites les disparités qui, si elles venaient à s’aggraver, condamneraient l’unité du Marché Commun et, en conséquence, la situation des plus privilégiés de ses membres”

J’espère que nous n’attendrons pas que les 28 pays de l’Union se soient – enfin – mis d’accord sur le sujet (somme toute marginal : 7000 unions en France l’an passé sur 235000 au total) du mariage pour tous, avant de s’attaquer – enfin – à quelques chantiers plus sociaux que sociétaux, tels que les salaires ou la protection sociale minimum pour tous les concitoyens européens.

Quoi que : la réforme “nécessaire” du droit du travail entreprise prochainement chez nous n’est-elle pas un effort de convergence avec nos voisins allemands ?

Qui sur le sujet ne sont pas – quoi qu’on nous assène – totalement exemplaires.

(Photos : Fabrizio Bensch, Tobias Schwarz)

Je ne vais pas m’excuser de n’avoir pas trouvé (et peu cherché) un chanteur allemand et gay ou une chanteuse allemande et lesbienne pour illustrer cette rubrique. Mais Mea Culpa

Mea Culpa, c’est donc le titre du jour, interprété par le big big band (21 musiciens quand même…) Bigre ! avec Célia Kameni qui (en)chante le tout.