Indécence et autres inconséquences

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“Cher Bibi…”

Je ne vais pas passer mon temps à regarder et lire les discours d’Emmanuel Macron, comme je le faisais il y a dix ans déjà avec ceux de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, auquel il me fait toujours désagréablement penser.

J’ai réagi – comme beaucoup – à sa familiarité déplacée à l’adresse de Benjamin Netanyahou dimanche dernier. Aussi déplacée que l’invitation du Premier ministre israélien à participer à la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv, selon l’avis même de l’Union juive française  pour la Paix.

Mais au delà de l’indécence de l’invitation et des propos tenus à cette occasion, j’ai réagi à une autre phrase prononcée plus tard à l’Élysée.

“J’appelle […] à une reprise des négociations entre les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de la recherche d’une solution à deux États, Israël et Palestine vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues avec Jérusalem comme capitale.”

Pas seulement parce qu’on dirait du François Hollande dans le texte…

“Deux États pour deux peuples, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Jérusalem comme capitale des deux Etats, des frontières sûres et reconnues sur la base de celles de 1967.” (François Hollande à Ramallah en 2013)

…mais parce que cette insistance à désigner Jérusalem comme la capitale d’Israël n’est pas de nature à calmer les enjeux territoriaux dans et autour d’une ville qu’il serait bon de ramener à son statut “originel” de 1947, de secteur démilitarisé sous statut international.

Ce qui, comme en témoigne la photographie du jour, prise lundi au lendemain des déclarations malheureuses de notre président, n’est plus vraiment à l’ordre du jour.

Ce n’est pas “la poursuite des constructions dans les colonies” qui est en cause, mais la colonisation dans son ensemble.

Et une situation d’occupation où il est normal de procéder à l’arrestation d’un gosse.

Et tout le reste

(Photo: Ahmad Gharabli)

C’est début 2010, après la marche pour la liberté de Gaza (Freedom March to Gaza) qui réunit 1500 personnes venues de 42 pays à la frontière du territoire avec l’Égypte que, devant le silence assourdissant des médias sur cet événement, Roger Waters décida d’enregistrer cette nouvelle version de We shall overcome.

Une chanson qui reste d’actualité.

Pour combien de temps encore ?