Un problème planétaire

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“Houston, we’ve had a problem…”

Les plus ancien(ne)s d’entre vous se souviennent peut être de la phrase célèbre prononcée en 1970 par Jack Swigert, l’un des trois astronautes de la mission Apollo XIII qui faillit tourner à la catastrophe suite à l’explosion d’un réservoir d’oxygène…

Pour les autres, ils peuvent réécouter ce son historique :

Aujourd’hui, c’est Houston qui a un problème.

Ça ne peut pas vous avoir échappé. Flashs infos, bulletins météo, avalanche d’images et de témoignages recueillis sur le vif, accumulation de chiffres : 127cm de précipitations totales prévues pour le passage de la tempête Harvey, 30.000 personnes réfugiées dans les centres d’urgence, au moins 3 morts et un pronostic de plusieurs milliards de dollars de dégâts. Sans compter Donald Trump attendu sur place aujourd’hui…

“Du jamais vu”, selon plusieurs de mes confrères, qui ont sans doute le regard sélectif.

“Il est possible que la situation puisse se détériorer davantage alors que les pluies continuent dans certaines zones touchées par les inondations et que les eaux de ces inondations se déplacent vers le sud.”

C’est au Népal qu’a été prise la photo du jour, d’une femme et de son enfant qui marchent. Le long d’une route, nous explique la légende de l’image qui illustre un communiqué des Nations Unies, dont a été extraite la phrase qui précède.

Communiqué qui nous apprend que les inondations et glissements de terrain qui ont frappé l’Asie du Sud, suite à une mousson particulièrement forte, ont touché plus de 40 millions de personnes et en ont tué plus de 1000 au Népal, au Bangladesh et en Inde.

Alors ?

Alors, je sais bien que comparaison n’est pas raison. Et que les 3 morts du Texas sont aussi tragiques que les 1000 d’Asie. Comme les 16 victimes des attentats de la mi-août à Barcelone et à Cambrils sont aussi absurdes que les innombrables morts durant ce même mois en Irak ou en Afghanistan, dans des attentats qu’on ne dénombre même plus…

Mais si je glisse d’une actualité à l’autre, c’est que dans le cas de la Catalogne et de Kaboul ou Bagdad, nous avons l’excuse de la fameuse règle du mort/kilomètre enseigné dans toute bonne école de journalisme. Alors que Houston se trouve à 8412 km de l’endroit d’où je vous écris, tandis que Katmandou n’est qu’à 7140 km… (j’ai vérifié ici)

L’intérêt pour les États-Unis en même temps (comme dirait je ne sais plus qui) qu’on se désintéresse du Népal, du Bangladesh ou de l’Inde (ou de la Sierra Leone où plus de 300 personnes ont trouvé la mort dans d’autres inondations…), a donc d’autres explications. Une solidarité occidentale ? Un sentiment d’appartenance sociétale ? Une identification plus facile ?

Le monde a un problème climatique collectif, conséquence d’accidents bien plus graves qu’une explosion d’un réservoir d’oxygène. Mais qui le rendent chaque jour plus irrespirable. Je ne sais pas comment se finira le voyage. En 1970, les trois astronautes d’Apollo XIII sont parvenus, malgré tout, à revenir sur terre. J’espère toujours que nous parviendrons à y rester. Tous… Les quelques milliards que nous sommes.

(Photo : UNICEF Nepal / NShrestha)

Elle n’est ni Népalaise, ni Bangladaise, ni Indienne. Aryana Sayeed était en concert à Kaboul pour la fête nationale la semaine passée, malgré les menaces des conservateurs de tous poils qui s’étaient offusqués de sa tenue “indécente” lors de son concert parisien en mai dernier

La chanteuse afghane dédie plusieurs de ses chansons aux femmes afghanes. Comme des airs de liberté ?