Je ne vous comprends pas

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« Je vous ai compris ! « 
Charles De Gaulle, Alger le 4 juin 1958

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Loin de moi d’assimiler l’Allemagne à l’Algérie, d’amalgamer les guerres ou de traiter Angela Merkel de gaulliste.

C’est juste que j’ai pensé à la fameuse phrase (ambiguë) de Mongénéral en voyant certaines photos du jour. Je vous expliquerai plus loin pourquoi. C’est un détail. Comme aurait dit Le Pen père, auquel l’actualité du jour aurait pu me faire penser aussi.

Je ne vais pas vous refaire les commentaires que vous avez déjà subi (ou alors vous vous en foutez, avec une certaine raison) depuis dimanche et l’annonce des résultats électoraux en Allemagne. Pour inaugurer son quatrième et dernier mandat, Angela Merkel a donc déjà réussi à la fois le plus mauvais score de son parti depuis 1949 et le meilleur de l’extrême droite qui va venir lui tenir tête au Bundestag. Où elle va devoir se livrer à quelques contorsions pour trouver une majorité.

Bon courage.

Et bon courage aux Allemands qui se sont retrouvés avec une gueule de bois comme on a fini (trop facilement) à s’y habituer en France. Quelques centaines d’entre eux sont parvenus à sortir de leur torpeur dimanche pour aller manifester stupeur et colère. C’est à ce sujet que je n’ai pas compris la nécessité de certains d’entre eux de brandir des pancartes rédigées … en anglais. Mais je vous l’avais dit, c’est un détail.

Ce qui l’est moins, ce sont ces 13% d’électeurs d’extrême droite dans un pays qu’on pourrait croire vacciné contre ce virus. Et les nouveaux boucs émissaires qu’ils se sont trouvés avec les réfugiés qui ont « afflué » ces dernières années.

Et ce qui devrait l’être encore moins, c’est cette instrumentalisation pour détourner l’attention des réels causes et problèmes. Car, en Allemagne (comme en France) les étrangers, réfugiés ou immigrés ne sont pas responsables de la paupérisation de ceux qui vivaient là depuis plus longtemps. La course aux profits, à la rentabilité, la baisse des allocations chômage, la multiplication des mini jobs, la face cachée du miracle allemand et les décisions politiques dictées par des « nécessités » économiques ont entraîné plus de monde dans la pauvreté que je ne sais quel partage avec les nouveaux arrivants.

Il est légitime de combattre les xénophobes. Mais il serait courageux de les priver du terreau où ils prospèrent. Celui des inégalités croissantes pour assurer la prospérité d’un si petit nombre. Celui du marché sacralisé où l’humain n’est plus qu’une variable parmi d’autres. Un élément de sombres calculs.

Au moins hésitera-t-on peut être désormais à nous faire l’article de l’exemple allemand ? Il est encore temps d’en trouver un autre.

(Photos : Kai Pfaffenbach, Thorsten Wagner, Wolfgang Rattay, John MacDougall, Christian Mang, DR)

En regardant les prochains concerts à Berlin, j’ai retrouvé Astrid North, chanteuse locale déjà passée ici jadis.

Une bien belle chanson accompagnée d’une belle vidéo qui aide à comprendre le fil de l’histoire.