Dis…

Slide 1

“Tu n’as connu que la guerre
Les décombres comme terrain de jeu
Des hommes aux cœurs de pierre
Avec des armes à feu…”
Chamsudin

J’aurais pu aussi citer les paroles de vive le vent. Mais l’hiver n’est pas encore là… Il y a juste les jours qui raccourcissent à grands pas, les soirées qui fraîchissent, les feuilles qui se préparent à quitter leurs arbres, le temps d’octobre qui glisse entre soleil et mélancolie.

Un temps de transition.

Comme le billet du jour.

Qui, après la mélancolie évoquée, dit juste la joie, nécessaire en toutes circonstances.

Une fidèle lectrice de ce blougui, qui se reconnaîtra, a connu les camps de réfugiés au-delà des photos que je croise souvent. Que je partage parfois. Et m’a rappelé cette évidence, qu’au delà des besoins élémentaires d’un abri, de la sécurité retrouvée, des soins nécessaires, d’une nourriture suffisante, d’une alimentation en eau, revient l’absolue nécessité du rire, de l’insouciance, de la joie, d’une certaine légèreté. De la vie simplement.

Les enfants savent cela instinctivement.

Et une fois encore, ceux du jour, photographiés près d’Ain Issa, en Syrie, à l’écart des combats qui se poursuivent entre les forces démocratiques syriennes et les militants de l’état islamique, racontent juste ça. Sans même en avoir conscience, juste préoccupé de l’envol de leurs cerfs-volants de fortune.

De chance…

Un billet de traverse. Un billet d’automne. Un billet d’adulte occidental entre soleil et mélancolie. Qui se nourrit d’une joie lointaine qui allume un certain sourire.

Que je partage.

Même si le vent n’emporte pas la mémoire et la mélancolie.

(Photo : Erik De Castro)

D’autres enfants, plus grands, ailleurs. Fuhji, Jalle, Nito… Qui jouent sur la musique de Kottarashky and the Rain Dogs, le groupe bulgare qui passait à la radio pendant que j’écrivais les quelques lignes de traverse qui précèdent.

Et qui m’ont fait sourire, eux aussi.